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Label Rouge Le Syndicat des Labels s’oppose à l’offre de Maître Coq

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Alors que le groupe Arrivé a lancé, depuis la Coupe du monde de rugby, une gamme de poulets Label rouge sous sa marque Maître Coq, le Synalaf monte au créneau. Le syndicat s’oppose à toute utilisation de marque-ombrelle d’entreprise commune à des volailles standards et Label rouge, avec ou sans indication géographique.

En rayon depuis octobre dernier, les volailles Label rouge de Maître Coq font débat. Le Synalaf considère qu’une marque utilisée pour des volailles standards ne peut pas être associée à une offre de volaille Label Rouge, avec ou sans Indication géographique protégée. « Le Synalaf estime que le fait d’associer une marque commerciale commune à plusieurs bassins et à divers niveaux de qualité de volaille est susceptible de créer une grave confusion chez les consommateurs. Depuis son origine en 1960, le Label rouge en volailles a toujours été associé à une marque spécifique réservée aux produits label. Largement reconnu par les professionnels – près de 30 % des volailles sur les linéaires –, le Label rouge permet ainsi aux consommateurs d’identifier rapidement les produits garantis de qualité supérieure et d’éviter toute confusion avec des produits standard », indique le syndicat. « Nous éprouvons une déception à la fois en direction des consommateurs et des producteurs. Il y a un risque de tromperie puisque Maître Coq est une marque de volailles standards. Nous avions toléré l’offre de Douce France, mais l’indication Label rouge était majoritaire sur le packaging, alors que Maître Coq met principalement en avant sa marque. Quant aux producteurs, cette démarche est loin de faire l’unanimité au sein des trois bassins de production. Les producteurs de Vendée sont prêts à engager le débat et refusent la démarche », indique Eric Cachan, président du Synalaf et vice-président des Fermiers de Loué. « Cette offre va déshabiller le Label rouge de ses attributs au profit des volailles standards », s’inquiète-t-il.

En attente d’un décret

En créant cette gamme de volailles Label rouge sous la marque Maître Coq, le groupe Arrivé souhaitait regrouper et fédérer ses trois bassins de production vendéens, auvergnats et du Sud-Ouest, pour assurer leur pérennité. « Les producteurs vendéens ont besoin d’occuper des bâtiments, ceux des landes sont en demande pour développer une nouvelle production et les auvergnats veulent trouver une alternative à l’offre proposée sous MDD. Nous souhaitions fédérer ces trois bassins pour qu’ils existent demain. Ils ne sont pour l’instant pas capables séparément de répondre à la demande de la grande distribution », explique Georges Beaujard, directeur de la division volailles du groupe Arrivé, qui compte bien poursuivre la commercialisation de sa gamme, tout en étant attentif aux critiques des uns et des autres, quitte à proposer quelques améliorations. « Je ne vois pas comment on peut nous faire retirer cette offre puisque aucun moyen réglementaire n’existe pour s’opposer à cette démarche », note-t-il, « même si le Sénat a voté récemment un amendement qui permet d’associer les produits Label Rouge avec une IGP ». Si les IGP Vendée et Auvergne existent, la région Sud-Ouest ne possède pour l’instant aucune Indication géographique protégée. Arrivé totalise une production sous Label rouge représentant environ 17 % de la production globale française de 100 millions de poulets. Sur ces 17 %, ce sont seulement « quelques milliers de volaille par semaine » qui sont concernées par la gamme Label rouge de Maître Coq.

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Le Synalaf demande au ministère de l’Agriculture et à l’INAO de publier un décret, prévu dans la loi de 2001 relative aux nouvelles régulations économiques, afin de définir la réglementation concernant l’apposition d’une marque commerciale associée à un signe de qualité.