Selon un institut de sondage, deux tiers des Français disent ne jamais avoir « entendu parler de la notion d’artificialisation des sols ». Une fois renseignés, ils plaident clairement pour des solutions qui ne touchent pas leurs propriétés.
Lors de la deuxième édition de l’événement Terres (À) Ménager, le 9 novembre, le département de Loire-Atlantique a présenté les résultats d’une enquête d’opinion, qui illustre tout le chemin restant à parcourir pour atteindre l’objectif de « zéro artificialisation nette » récemment fixé par le gouvernement.
A la question : « Avez-vous déjà entendu parler de la notion d’artificialisation des sols ? » seuls un tiers des personnes interrogées répondent « oui ». Elles méconnaissent donc le terme, mais sont-elles pour autant insensibles au phénomène ? Apparemment non. En effet, l’institut de sondage (Infopro Digital) a ensuite renseigné chacun des interrogés sur la notion, leur expliquant qu’il s’agit de « convertir des terres agricoles, forestières ou naturelles pour l’urbanisation ou le développement d’infrastructures ».
Une fois instruites, 80 % des personnes interrogées ont répondu que la lutte contre ce phénomène était « un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité et le maintien des terres agricoles ».
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Quels outils leur paraissent le plus « utiles », a ensuite demandé l’institut ? La « réhabilitation des logements et bureaux » trouve l’aval de 84 % des répondants, la baisse des constructions de centres commerciaux 75 %. Tandis que « vivre en appartement plutôt qu’en maison » ou « réduire la taille des jardins privatifs » n’obtiennent respectivement que 22 et 21 % d’approbation. En bref, les interrogés plaident pour des solutions qui ne touchent pas directement leur mode de vie.
Dans la même veine, Philippe Grosvalet, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique, a martelé : « Il faut arrêter de construire des centres commerciaux. » D’autant que l’objectif apparait ici atteignable : en effet, pour 38 % des collectivités et 41 % des entreprises du BTP interrogées lors de ce sondage, l’objectif de « zéro artificialisation nette » est à portée de main à horizon 2030. Pour plus de 75 % d’entre elles, les freins proviennent essentiellement du manque de synergie entre les élus et les entreprises. Dans ce sens, Philippe Grosvalet voudrait créer un Scot à l’échelle départementale pour une meilleure coordination de l’aménagement du territoire.
Pour Philippe Alpy, président de l’établissement public foncier Doubs-Bourgogne-Franche-Comté, qui intervenait par la suite, l’immobilier commercial va de toute façon dans le mur. « On s’oriente vers un krach dans ce secteur. Il y a deux millions de mètres carrés qui ont été créés depuis le début de la crise de la Covid, mais nous ne savons combien sont occupés… Les loyers vont diminuer de 20 % en moyenne et pourront descendre jusqu’à 40 % dans certaines zones. Le marché est en train de se retourner ».
Seuls 21 % des interrogés trouvent utile pour le foncier de « vivre en appartement »