Le gaz naturel véhicule (GNV), dont le biométhane, peut métamorphoser le transport routier en transport durable. Les acteurs de la filière ont expliqué, à Bourg-lès-Valence au salon Tech&bio le 23 septembre, que le contexte y est favorable.
« Au premier semestre 2015, 45 000 nouvelles voitures roulent au gaz en Europe », a expliqué Georges Seimandi, délégué territorial Rhône-Alpes pour GRTGaz (réseau de transport de gaz naturel), au Salon Tech&bio à Bourg-Les-Valence, le 23 septembre. Du gaz naturel comme carburant ? La France est à la traîne par rapport aux autres pays européens, mais l'idée fait son chemin. Et elle est bienvenue, alors que le scandale de l'industriel automobile Volkswagen fait tâche, sur fond de transition énergétique et de conférence climatique.
Le biogaz, un carburant propre
De fait, rouler au GNV (gaz naturel véhicule) est moins polluant que de rouler à l'essence ou au diesel, selon le ministère de l'Ecologie. Seul hic, la France importe la totalité de son gaz naturel. « Principalement de Norvège… », précise Georges Seimandi. Par conséquent, le bioGNV, le GNV « renouvelable », qui peut être produit par la méthanisation, a un triple avantage : être propre, mais aussi renouvelable et local. Les réglementations européennes et nationales fixent des objectifs ambitieux. D'ici novembre 2016, les pays de l'Union européenne doivent soumettre à Bruxelles leurs plans d'action déclinant la directive européenne sur les carburants alternatifs. En France, GRTGaz prévoit, entre autres, le déploiement de 385 stations GNV d'ici fin 2020. Par ailleurs, la loi française sur la transition énergétique table sur 100% de transports à faible émission en 2025 pour les bus et autocars, 50% pour les véhicules de l'Etat… Le GNV et le bioGNV, tous deux faibles émetteurs, devrait être de la partie. En outre, la filière argue du caractère local de la production de bioGNV, permettant une réduction de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Norvège par exemple.
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Des défis à relever
Ce cadre idyllique ne doit pas dissimuler les défis à relever. Le raccordement des installations de méthanisation agricole au réseau de gaz n'est pas toujours évident. C'est surtout coûteux pour des installations de méthane à plus de 500 mètres d'un « tuyau » du réseau national. « Parfois de l'ordre de plusieurs dizaines de milliers d'euros », estime Georges Seimandi. Par ailleurs, la France a fait davantage de choix politiques et industriels en faveur du véhicule électrique… laissant quelque peu le véhicule au gaz sur le bord du chemin. « Il va falloir que l'offre de véhicules se développe », traduit Jean-Luc Chaumont, directeur territorial de l'Ardèche et de la Drôme pour GrDF (gaz réseau distribution France). Néanmoins, des projets prennent forme en France. En amont, 300 projets d'injection de biométhane dans le réseau sont à l'étude. En aval, le distributeur Carrefour est en train d'équiper sa flotte de camions pour qu'ils roulent au bioGNV. Enfin, GRTF, l'Ademe et Renault ont aussi des projets de véhicules individuels. En outre, l'Ademe mise sur le biogaz qui pourrait représenter 10% du gaz consommé en France en 2030. « Au moins 60% de cette part peut être d'origine agricole », assure Georges Seimandi.