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Réforme de la Pac Le verdissement proposé de la Pac inquiète les députés européens

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Lors d’un atelier de travail consacré au verdissement de la Pac, de nombreux membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont insisté sur le fait que la sécurité d’approvisionnement des citoyens de l’UE devait rester l’objectif premier et central pour l’après-2013. La Pac réformée devra garantir « une quantité suffisante de denrées alimentaires sans endommager l’environnement », mais, pour l’instant, les propositions de la Commission de Bruxelles n’apportent « pas de changement positif », a ainsi résumé le socialiste polonais Michał Olejniczak.

Intervenant le 19 mars devant la commission de l’agriculture du Parlement européen, Alan Matthews, professeur au Trinity College de Dublin, a estimé qu’il ne fallait pas exclure la possibilité de maintenir le verdissement dans le deuxième pilier de la Pac (développement rural), car cela permet de « travailler directement avec les agriculteurs » et donc de mieux cibler les mesures que le premier pilier (paiements directs) qui « limite énormément les options ».
De nombreux députés ont fait valoir que le verdissement devait être adapté aux besoins de chaque État membre et rendu volontaire plutôt qu’avoir, comme le propose la Commission de Bruxelles, une approche unique et obligatoire pour les Vingt-sept qui créera une charge administrative supplémentaire (1).

Surfaces d’intérêt écologique
Les surfaces d’intérêt écologique peuvent apporter d’importants bénéfices environnementaux, mais il faut savoir si l’on peut les établir sur les terres moins productives ou si une approche plus uniforme doit être retenue pour toute l’UE, a également noté le professeur Matthews. De plus, selon lui, la diversification des cultures peut donner des résultats, mais certainement moins que la rotation des cultures.
Mettre en jachère des terres productives est « scandaleux » et poussera à la hausse les prix alimentaires, a déclaré à ce propos le parlementaire britannique John Stuart Agnew (groupe Europe libertés démocratie).
De son côté, le Français José Bové (groupe des Verts) a estimé que la rotation des cultures devrait être prise en considération car elle aurait beaucoup d’avantages. Il s’est demandé pourquoi, en la matière, la Commission de Bruxelles n’avait pas publié d’analyse d’impact.
Des échanges de quotas de verdissement...
Le professeur Matthews a par ailleurs suggéré que les exploitants qui jugeraient trop coûteux de maintenir des surfaces d’intérêt écologique puissent être autorisés à échanger leurs obligations de jachère avec d’autres agriculteurs pour recevoir la totalité du paiement direct, à condition que cette disposition soit conçue d’une façon qui ne contrecarre pas les efforts pour la biodiversité et autres objectifs environnementaux.
Quelques parlementaires ont soutenu cette idée, tandis que d’autres ont considéré que celle-ci n’aurait pas de sens puisqu’elle autoriserait des producteurs à « acheter » leur non-respect des exigences écologiques.

(1) Voir même numéro

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