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Tour de vignoble Le vignoble alsacien profite de la vente directe et de l’export

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Le vignoble alsacien n’a pas de problèmes de stocks, entre les basses vendanges de 2010 et de 2012, et le rôle stabilisateur de la vente directe dans l’écoulement de l’offre et l’essor de l’export, y compris dans les pays lointains, indique-t-on au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa).

L’Alsace a connu deux vendanges de petit volume : en 2010, avec 920 000 hectolitres, et en 2012, avec 1,120 million d’hectolitres. Seul le millésime 2011 a enregistré un volume de 1,160 million d’hectolitres. Un niveau à peine supérieur à la moyenne quinquennale, qui est de 1,150 million d’hectolitres, a précisé Jean-Louis Vézien, directeur du Civa, dans un entretien avec Agra le 9 janvier.
Malgré le décrochage de la production de 22% environ en 2010, la commercialisation du vin d’Alsace en 2011 n’a fléchi que de 4,5% en 2011 en volume. « Les faibles volumes ont été compensés aux trois-quarts par des reprises sur stocks », a commenté Jean-Louis Vézien.
En 2012, les dix premiers mois de l’année font apparaître une progression des ventes de 1,4%. Une progression due principalement à l’exportation vers les pays tiers. L’exportation vers l’UE est restée stable, et les ventes en France ont gagné 0,6%.

Croissance prometteuse de l’export 

Les vins d’Alsace voient « des pays acheteurs lointains qui étaient jusque là des outsiders devenir des favoris », a expliqué le directeur du Civa. Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations vers le Japon ont grimpé de 44%, celles vers la Chine de 38% et celles vers la Russie de 260%. L’exportation vers les pays tiers est encore minoritaire sur le total exporté par le bassin de production, car elle représente 60 000 hectolitres sur 219 000, mais le rythme de progression est à deux chiffres, voire à trois. Un signe encourageant est la persistance de la demande malgré l’adversité : le Japon aura importé 8 000 hectolitres, malgré son enlisement dans le crise et malgré les sacrifices dus à Fukushima. De même, le fait que la Chine achète 2 500 hectolitres de vin alsacien est perçu par le Civa comme un présage favorable, entretenu par le caractère aromatique des vins alsaciens, « qui se marient bien avec la cuisine chinoise ».
Sur le plan de la qualité, la récolte 2012 est bonne, selon le directeur du Civa. En effet, si les volumes ont été amputés par les problèmes de floraison dus au printemps humide, la qualité n’a pas été altérée, car le mildiou qui a sévi sur les feuilles en juillet, n’a pas atteint les grappes, grâce à la canicule d’août.
Le vignoble alsacien bénéficie par ailleurs de la route des vins, que suivent environ cinq millions de touristes chaque année. Ce rôle stabilisateur de la vente directe, à l’abri des fluctuations des achats et des prix pratiqués par la grande distribution en temps de crise, est particulier à l’Alsace. Le vignoble français écoule 8 à 10% de ses ventes destinées au marché intérieur en vente directe. Sur le marché français, le vignoble alsacien commercialise 20% de ses ventes hexagonales en vente directe.

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