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Tour de vignoble Le vin de Bourgogne subit encore les séquelles du creux de production

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Le vin de Bourgogne subit encore les séquelles du creux de production de trois millésimes déficitaires. À petite production, petits volumes de commercialisation : les statistiques continuent d'enregistrer le recul des ventes en grande distribution et à l'export. Et cela malgré la récolte 2014, qui marque un retour à un niveau de production moyen, car les stocks sont au plus bas.

Les chiffres de commercialisation du vin de Bourgogne reflètent toujours la situation de déficit de production, après trois millésimes de production inférieure à la moyenne : 2010, 2012 et 2013. Durant ces trois millésimes, le vignoble bourguignon a perdu 531 000 hectolitres, selon le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). La vendange 2014 du vignoble bourguignon est estimée à 1,5 million d'hectolitres. Un niveau un peu supérieur à la moyenne sur dix ans, estimée à 1,4 million d'hectolitres par le BIVB.

L'évolution de la production de vin de Bourgogne est la suivante, selon le BIVB : 1,39 million d'hectolitres (Mhl) en 2010, 1,55 Mhl en 2011, 1,27 Mhl en 2012, 1,30 Mhl en 2013. Le montant de la vendange 2014 ne sera diffusé officiellement et précisément qu'en avril.

Repli des ventes sur le marché intérieur et le marché extérieur

Les ventes de vin de Bourgogne en grande distribution sur la période 1er novembre 2013/ 31 octobre 2014 se sont repliées de 10,9% en volume et de 3% en valeur par rapport aux 12 mois précédents, indique le BIVB. Le bureau interprofessionnel dispose par ailleurs des résultats à l'export : la comparaison entre le cumul sur 11 mois de janvier à novembre 2014 fait apparaître une baisse de 13% des exportations en volume. La répartition de ces exportations par pays (voir graphique) montre une chute des importations des pays nordiques (sauf la Norvège), notamment du Royaume-Uni. On notera que la Norvège importe plus de vin de Bourgogne que la Chine.

Pour les mois à venir, l'interprofession du vignoble bourguignon pronostique des sorties de propriété stables : 1,4 Mhl prévu pour la campagne viticole 2013/2014, qui couvre la période 1er août 2014/ 31 juillet 2015, soit à peine plus qu'en 2013/2014 (1,390 Mhl). « Même si la récolte 2014 est revenue à un niveau normal, les vignerons et le négoce sont en train de reconstituer leurs stocks, au plus bas », détaille Philippe Longepierre, chargé des études économiques au BIVB, pour expliquer la stabilité des sorties sur la campagne actuelle.

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Le vignoble bourguignon mise sur les cavistes anglais

Désormais deuxième marché à l'export des vins de Bourgogne (passé derrière les États-Unis), le Royaume-Uni « reste au cœur des préoccupations et de la stratégie des professionnels et de l'interprofession », précise le BIVB, dans sa newsletter de janvier. Si les vins de Bourgogne affichent une baisse de volumes en 2014 (-24 % sur les 10 premiers mois de 2014 par rapport aux 10 premiers mois de 2013), « celle-ci est essentiellement liée au recul des ventes en supermarché ». En cause, l'augmentation de la pression fiscale, la hausse des prix de ces dernières années et la perte de pouvoir d'achat des consommateurs britanniques depuis 2008, rappelle l'organisme interprofessionnel. Néanmoins, la Bourgogne viticole reste mobilisée « sur ce marché historique et fidèle ». « Au Royaume-Uni, la Bourgogne doit se développer chez les cavistes ». Les vins de Bourgogne sont particulièrement bien représentés chez les cavistes à Londres, avec un positionnement prix « premium ». « Les clients de ces magasins de détail ne considèrent pas forcément les vins de Bourgogne comme un produit inaccessible. Les cavistes disent ne pas avoir de difficultés majeures pour les vendre ». Ils attendent surtout un accompagnement pédagogique pour communiquer sur les produits auprès de leurs clients, particulièrement la jeune génération, conclut le BIVB.

2015 sera une année décisive pour la Cité des Vins de Bourgogne

La Bourgogne, région mondialement connue pour ses vins, se dotera d'un site oenotouristique collectif d'envergure, la Cité des Vins de Bourgogne à Beaune (Côte d'Or). Il s'agira de promouvoir l'ensemble de ses appellations, d'expliquer les « climats » (le terme « climats » est la traduction bourguignonne du mot terroir), de mettre en avant son offre touristique riche et variée et d'aiguiller les visiteurs à travers toute la région.

Ce projet fédérateur va entrer dans une nouvelle phase avec le lancement d'un concours d'architectes. « Nous sommes désormais prêts », explique Claude Chevalier, président du BIVB. La première étape du concours, qui consistera à choisir, avant l'été, trois ou quatre candidats. Les cabinets retenus auront ensuite cinq mois pour imaginer la future Cité des Vins de Bourgogne. La décision finale devrait être prise d'ici fin novembre.

« Ce dossier est important pour le vignoble de Bourgogne, bien sûr, mais aussi pour la région dans son ensemble », poursuit Claude Chevalier. « Ce sera un outil essentiel pour notre dynamisme économique et touristique. D'ailleurs, le conseil régional de Bourgogne s'est déjà engagé à nous soutenir financièrement, tout comme le conseil général de Côte-d'Or et la ville de Beaune ». Les départements de l'Yonne et la Saône et Loire sont également concernés par les Cités relais qui, situées en d'autres points clés du vignoble, formeront un réseau avec la Cité des Vins de Bourgogne de Beaune.