Les économies d’énergies sont le parent pauvre du paquet « climat-énergie » européen, estime Greenpeace qui présentait le 18 juin ses priorités pour la présidence française de l’UE. L’organisation écologiste veut rendre contraignant l’objectif européen de 20% d’efficacité énergétique à l’horizon 2020.
«L’énergie la moins chère et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas ». Greenpeace a le sens de la formule pour faire passer ses messages. L’organisation écologiste, qui présentait le 18 juin à Paris ses priorités pour la présidence française de l’Union européenne, considère que la sobriété énergétique est « la moitié de la solution à la crise climatique ». Se référant à des chiffres de la Commission européenne, Greenpeace indique que la réalisation de 20% d’économies d’énergie en Europe réduirait les émissions du Vieux continent de 780 millions de tonnes par d’ici 2020. « Mais le lobby du consommer moins peine à émerger », selon Yannick Jadot, directeur des programmes de Greenpeace France. Les écologistes demandent aux gouvernements d’en faire une priorité. « Seule une décision du conseil européen de rendre contraignant l’objectif de 20% d’efficacité énergétique imposera d’exploiter ces gisements », explique Jorgo Riss, directeur de l’unité européenne de Greenpeace à Bruxelles. L’organisation appelle Paris à inscrire le sujet à l’agenda du conseil informel des ministres de l’énergie début juillet, et à faire valider cette orientation qui permettrait d’économiser « 100 milliards d’euros chaque année ».
Non aux biocarburants industriels
Sur le dossier énergétique, Greenpeace demande – sans surprise – la fin des soutiens publics et l’abandon des objectifs de développement des biocarburants. « Il faut que la France se présente comme une présidence objective et neutre par rapport aux biocarburants. Elle doit trouver une manière de se dissocier de ce lobby national », déclare Jorgo Riss. Seules quelques « niches » trouvent grâce aux yeux de Greenpeace, lorsque la production de biocarburants permet de valoriser des déchets agricoles, utilise un cycle court à l’échelle d’une exploitation, ou résulte de l’utilisation transitoire de surplus.
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Le dossier OGM est également en bonne place dans l’ordre des priorités. « C’est le dossier où la France doit montrer le plus d’ambition », insiste le responsable bruxellois qui attend des « propositions concrêtes » de la part de Paris. Une profonde réforme du processus d’évaluation des OGM est souhaitée. Parmi les autres priorités affichées par l’organisation écologiste figurent également : la définition de standards pour la commercialisation des produits bois sur le marché européen, la limitation drastique des émissions de CO 2 des voitures, et la mise en place d’un mécanisme de contribution financière obligatoire des pays industrialisés pour stopper la déforestation.