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Phytosanitaires L’Efsa maintien son analyse des néonicotinoïdes

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Après examen, l’Efsa estime qu’une étude publiée par le ministère britannique de l’environnement qui concluait qu’en conditions naturelles les néonicotinoïdes n’ont pas d’effets nuisibles sur les abeilles présente trop de lacunes pour être prise au sérieux.

Pour l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), l’étude, publiée en avril par le ministère britannique de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (Defra), qui concluait qu’en conditions naturelles les néonicotinoïdes n’ont pas d’effets nuisibles sur les abeilles dans des circonstances normales (1), présente de nombreuses faiblesses et n’est donc pas de nature à remettre en cause son avis négatif sur ces molécules. Sur la base de cette étude, le Royaume-Uni avait voté contre la proposition de la Commission européenne de restreindre l’usage des trois principales molécules néonicotinoïdes au sein de l’UE pour une durée de deux ans (2).
Mais pour l’Efsa, le Defra n’est pas allé assez loin dans son étude. Une seule culture – le colza – et deux produits phytopharmaceutiques – l’un contenant de la clothianidine, l’autre de l’imidaclopride – ont été examinés. Par ailleurs, les sites d’essai et les zones avoisinantes utilisés dans l’étude ne représentent qu’un petit échantillon des conditions agricoles au Royaume-Uni et ne peuvent donc être considérés comme représentatifs des conditions dans d’autres parties de l’UE, souligne l’Efsa. Autre critique : deux voies d’exposition n’ont pas été prises en compte, la poussière (émise lors des semis) et la guttation. Seule l’exposition par le pollen a en effet été analysée. Enfin, note l’Efsa, les études de terrain concernant les bourdons ne peuvent pas être utilisées pour comprendre les risques pour les abeilles mellifères et les autres pollinisateurs en raison de différences significatives entre les espèces.
La Commission européenne a de toute façon décidé d’interdire l’usage de trois néonicotinoïdes à partir du 1er décembre prochain. Et, sur la base d’un avis négatif que vient de publier l’Efsa, Bruxelles pourrait également interdire une quatrième molécule de cette famille d’insecticides, le fipronil.

(1) Voir n° 3394 du 15/04/2013
(2) Voir n° 3401 du 03/06/2013

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