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Abeilles L’Efsa propose un nouveau système d’évaluation des pesticides

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Afin de mieux prendre en compte l’impact des produits phytosanitaires sur les colonies d’abeilles, l’Efsa a proposé, à la demande de la Commission européenne, un nouveau dispositif d’évaluation des risques de ces molécules.

Alors que la Commission européenne a restreint l’usage de trois insecticides néonicotinoïdes et s’apprête à en faire de même avec le Fipronil (1), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) apporte déjà des éléments pour la seconde phase du dispositif de protection des abeilles : la révision des méthodes d’évaluation des produits phytosanitaires. Dans un document d’orientation publié le 4 juillet, l’Autorité propose un nouveau système d’évaluation de l’impact des pesticides sur les abeilles domestiques mais aussi les bourdons et les abeilles solitaires.
 
Préjudice acceptable
Cette évaluation reposerait sur un « niveau maximal acceptable de préjudice pour les abeilles » par rapport à une série « d’attributs à protéger » : la survie et le développement des colonies, la santé des larves, le comportement des abeilles, l’abondance d’abeilles et leur capacité de reproduction. Pour les abeilles communes, le système suggère qu’il n’est pas acceptable que la taille d’une colonie décline de plus de 7% suite à une exposition à des pesticides à un moment quelconque. Pour les abeilles solitaires et les bourdons, faute de connaissances scientifiques suffisantes, le même système est appliqué mais avec « un facteur de sécurité supplémentaire de façon à tenir compte des différences de sensibilité aux pesticides ». Par contre, l’Efsa souligne que, pour l’évaluation des risques liés à une exposition à des doses sub-létales (n’entraînant pas la mort des abeilles mais pouvant par exemple modifier leur comportement), des travaux supplémentaires sont nécessaires.
Ce système d’évaluation des risques serait graduel, partant d’un premier niveau simple jusqu’à un niveau supérieur plus complexe, en se fondant sur des études de terrain et des études en conditions semi-naturelles. Les quatre voies principales d’exposition des butineuses aux produits phytosanitaires seraient prises en compte : les retombées de pulvérisations et les particules de poussières, la consommation de pollen, la consommation de nectar et la consommation d’eau. De plus, l’exposition aux métabolites des pesticides (molécules résultant de la dégradation des produits de traitement) présents dans le pollen et le nectar devrait elle aussi être évaluée.
 
(1) Voir même numéro

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