Une quarantaine de candidats ont été identifiés comme proches du secteur agricole, parmi lesquels environ la moitié sont des députés sortants. Peu de nouvelles têtes, à l’exception d’une porte-parole départementale de la Confédération paysanne ou d’un éleveur écologiste. Ce dernier affrontera la ministre déléguée à l’Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, dans le Pas-de-Calais. En Charente-Maritime, l’ex-eurodéputé Benoît Biteau affrontera Anne-Laure Babault, récemment missionnée sur Egalim 4.
Au lendemain de leur date limite de dépôt, le 16 juin, la rédaction d’Agra Presse avait recensé une quarantaine de candidatures identifiées comme proches du secteur agricole pour les prochaines élections législatives (liste à télécharger ici). Du côté des sortants, la plupart des députés spécialistes du secteur agricoles vont tenter d’être réélus, y compris le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. Deux exceptions notables : Marc Le Fur (Les Républicains) et Bruno Le Maire (Renaissance). En Bretagne, le député des Côtes-d’Armor a annoncé qu’il ne se représentera pas, en raison d’une maladie. C’est son fils, Corentin Le Fur, âgé de 34 ans, qui devrait se présenter, qui « travaille à l’Assemblée nationale depuis sept ans ». Quant à l’ancien ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, il ne se représentera pas dans la première circonscription de l’Eure, où il avait déjà assuré trois mandats de députés, de 2007 à 2022.
Les revenants de la majorité
En 2022, ils étaient plusieurs députés sortants de la majorité, spécialistes de l’agriculture, à avoir échoué à se reconduire au sein de l’Hémicycle. Parmi eux, Jean-Baptiste Moreau, qui s’était depuis reconverti dans le lobbying et dans le cercle de réflexion Agriculture Stratégies (ex-Momagri), souhaite se représenter, a-t-il indiqué à Agra Presse : « J’y vais », annonce l’ancien éleveur, qui devrait affronter une députée sortante LFI. L’ancienne secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba va aussi retenter sa chance. Tout comme le député Jean-Bernard Sempastous, auteur de la loi homonyme sur les sociétés agricoles. En revanche, le député Grégory Besson-Moreau, à l’origine de la loi Egalim 2, ne souhaite pas se représenter, préférant poursuivre sa reconversion dans la finance agricole, indique-t-il à Agra Presse.
Également défait en 2022, le négociant en vin Michel Delpon va retenter sa chance dans la deuxième circonscription de Dordogne, rapporte France Bleu. Il avait été battu par un candidat du Rassemblement national. Dans la première circonscription de l’Ain, l’agriculteur Vincent Guillermin (Renaissance) repart, après avoir échoué au premier tour il y a deux ans, avec 19 % des voix, rapporte Le Progrès. Selon L’Est éclair, la viticultrice Salomé Fontaine-Garcia a été investie comme candidate Modem de la majorité présidentielle dans la deuxième circonscription de l’Aube, où elle avait également échoué au premier tour, avec 16 % des scrutins.
D’autres y réfléchissaient, mais n’ont pas été retenus : c’est le cas d’Olivier Damaisin. Devenu coordinateur national interministériel du plan de lutte contre le mal-être en agriculture, il était « en pleine réflexion et réorganisation », indique-t-il à Agra Presse. C’est dans sa circonscription que se représente Jérôme Cahuzac, qui souhaiterait se faire élire sous l’étiquette centre gauche, face à une députée sortante RN, rapporte la presse généraliste.
Enfin, six candidats malheureux de 2022 ne retenteront pas leur chance cette année : comme l’ancien vice-président national des Jeunes agriculteurs Baptiste Gatouillat dans l’Aube (LR), le vétérinaire Loïc Dombreval (Renaissance, Alpes-Maritimes), les agriculteurs Philippe Alpy (Doubs, Horizons), Olivier Allain (Côtes-d’Armor, Renaissance), François Guyot (Loire-Atlantique, LR) ou Maxime Buizard (Loiret, LR).
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Deux duels entre la majorité et le NFP
Peu de nouvelles têtes cette année, principalement à mettre au compte du Nouveau Front populaire (NFP). Dans la deuxième circonscription de Charente, tenue par la majorité présidentielle, c’est une porte-parole départementale de la Confédération paysanne, Carole Ballu, qui portera les couleurs de la gauche. Dans le Doubs, il faut signaler le retour de l’ancienne ministre de l’Environnement Dominique Voynet, qui se présentera dans la deuxième circonscription, où la majorité présidentielle s’était imposée de justesse en 2022.
La troisième surprise de ce scrutin affrontera Agnès Pannier-Runnacher. La ministre déléguée à l’Agriculture a annoncé qu’elle sera candidate aux élections législatives dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais. L’ancienne inspectrice des finances, qui n’a jamais élue à l’Assemblée, avait prévenu quelques jours plus tôt, lors d’un entretien sur BFM, qu’elle était « disponible » pour le scrutin. La circonscription d’Arras avait été remportée par une candidate LREM en 2022, qui l’avait emporté au second tour sur un candidat du Rassemblement national. Selon La Voix du Nord, le candidat du Nouveau Front populaire sera Alexandre Cousin, « éleveur et berger », élu écologiste au conseil régional et au conseil municipal d’Arras.
L’autre duel agricole de ces législatives se déroulera en Charente-Maritime. L’ancien eurodéputé écologiste Benoît Biteau a annoncé qu’il sera candidat pour le Nouveau Front populaire (NFP) dans la deuxième circonscription. Sixième de la liste des écologistes aux élections européennes, l’agriculteur n’a pas été réélu le 9 juin. Il affrontera cette fois la députée Modem Anne-Laure Babault, récemment missionnée par le gouvernement sur la question des relations commerciales, en vue d’une loi Egalim 4.
Il est attendu que de nombreux députés de la majorité soient mis en difficulté. La situation est particulièrement cocasse pour Frédéric Descrozaille (Renaissance), face à qui le parti Horizons a décidé de renforcer un adversaire, selon les informations du Monde. Député sortant Renaissance, M. Descrozaille est spécialiste des questions agricoles, cheville ouvrière de la réforme de l’assurance récolte, ancien directeur général d’Interfel (fruits et légumes) et des Jeunes agriculteurs. Son opposant Sylvain Berrios, maire de Saint-Maur-des-Fossés, aura le soutien du parti d’Édouard Philippe et fera campagne sous l'étiquette (LR).
À noter également la candidature de l’ancienne eurodéputée Marie Dauchy pour le Rassemblement national. L’ancienne suppléante en commission Agriculture se présentera dans la troisième circonscription de Savoie.