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Crise du concombre Légumes de France conteste l’indemnisation après la « crise du concombre »

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L’indemnisation des producteurs, après l’effondrement des ventes de légumes frais d’été, consécutive à la « crise du concombre », est « loin de couvrir les pertes », estiment Légumes de France, la fédération des maraîchers de la FNSEA, et l’AOP tomates-concombres (l’association française des organisations de producteurs de tomates et concombres), dans un communiqué du 15 juin.

Suite à la « crise du concombre », l’aide européenne pour indemniser les producteurs de légumes « représentera au maximum 5 centimes par concombre retiré du marché du 26 mai au 30 juin », selon Légumes de France et l’AOP tomates-concombres. Or, « la culture et la récolte d’un concombre coûtent au minimum 35 centimes pièce », dénoncent les producteurs, qui « attendent des pouvoirs publics français, allemands et européens qu’ils prennent et assument leurs responsabilités ».
Ces 5 centimes par concombre sont calculés sur la base d’un prix moyen de retrait sur trois ans, de 24 centimes le kilo, indique Pierre Diot, président de l’AOP tomates-concombres. La base d’indemnisation étant la moitié de cette moyenne, l’indemnisation est de 12 centimes par kilo. Le concombre pesant un peu moins de 500 grammes, l’indemnisation est de 5 centimes pièce.
Les producteurs espagnols estiment leurs pertes à 450 millions d’euros par semaine, les Néerlandais à 75 millions, les producteurs français à 20 millions depuis le début de la crise, selon Pierre Diot. Légumes de France et l’AOP tomates-concombres appellent à un plan de communication « ambitieux » pour relancer la demande. De son côté, Interfel, l’interprofession française des fruits et légumes, prépare un plan de communication en faveur des crudités, qui est en voie de finalisation, et qui pourrait être annoncé durant la semaine du 20 juin.

Produits bio : pas d’alerte

Alors que l’origine de la contamination a été officiellement ciblée sur une exploitation bio de graines germées, les producteurs bio semblent peu concernés. Ni la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), ni le réseau de magasins Biocoop n’enregistrent d’alerte en provenance des organisations de producteurs ou des commerces de détail.
« Nous n’avons aucune remontée du terrain nous alertant d’une baisse de la demande sur certains produits. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des réactions de consommateurs à cette crise sanitaire et au déchainement de certains journaux contre les produits bio, mais pas de nature à provoquer une alerte », explique Julien Adda, délégué général de la Fnab.
Il précise détenir des informations officielles en provenance d’Allemagne précisant que la souche de la bactérie E. Coli pathogène n’a pas été retrouvée dans la ferme de germination en Basse Saxe.
« On a retrouvé des bactéries pathogènes dans des sachets de graines germées provenant de la ferme mais pas dans la ferme. Aussi, le gouvernement allemand n’a pas porté plainte contre la ferme. L’origine de la contamination n’est toujours pas connue. Rien n’est avéré au sujet du bio », ajoute Julien Adda.

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