Dans une étude dévoilée le 8 septembre, Légumes de France tire un bilan positif du ressenti des travailleurs sous serre, avec un bémol sur la pénibilité et le risque de troubles musculo-squelettiques. Ce travail demande cependant à être approfondi vu la faible participation.
Près de 84 % des personnes travaillant en maraîchage sous serre – avec atmosphère contrôlée – estiment avoir de bonnes ou excellentes conditions de travail, selon une étude réalisée entre décembre 2020 et avril 2021 par Légumes de France (producteurs de légumes, FNSEA) et la société de conseil stratégique en communication Ohwood.
Dévoilée le 8 septembre à la Foire de Châlons, cette "étude du ressenti des employés de la culture sous serre climatique" vise à « donner la parole à ceux qui font ce métier au quotidien » et « à donner à d’autres l’envie de les rejoindre », a expliqué la consultante d’Ohwood Gabrielle de Raigniac dans un entretien à Agra Presse le 15 septembre.
D’après l’étude, plus de 92 % des sondés sont fiers de leur travail. Plus de 80 % déclarent ne pas utiliser de produits chimiques ou de pesticides, et pour ceux qui en font usage il s’agit « souvent » d’un « dernier recours ». Et, plus de 88 % des sondés déclarent que les machines qu’ils utilisent sont très utiles dans leur travail, pour leur confort notamment.
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Chaleur et TMS
En revanche plus de 51 % des sondés estiment que la pénibilité est présente (dont 3,2 % disent qu’elle est forte). « C’est souvent lié à la chaleur dans les serres », explique Justine Texier, chargée de mission énergie et environnement à Légumes de France. « Même si l’atmosphère est contrôlée, lorsqu’il y a une très forte température en extérieur, la chaleur monte assez vite sous serre. Par conséquent, [les employés] adaptent le travail soit en commençant plus tôt ou plus tard », détaille la chargée de mission. D’autre part, 50 % des sondés estiment que le risque de troubles musculo-squelettiques (TMS) est présent (dont 6,7 % estiment qu’il est élevé).
Principale limite de cette étude cependant : le très faible taux de réponse obtenu (33 répondants à un questionnaire et 20 entretiens qualitatifs réalisés), alors que la filière génère 10 000 emplois directs. « L’une des difficultés a été de trouver le bon canal », reconnaît Gabrielle de Raigniac. « Vu les profils divers des répondants, on a considéré qu’on pouvait tout de même en tirer quelque chose. Mais il ne s’agit que d’une première étude. »