Diviser par deux les surfaces de maïs ensilage, quadrupler celles de soja et doubler celles de protéagineux : c’est à ces conditions que « la France pourrait se passer entièrement de soja importé sans pénaliser les productions animales », selon une récente étude de l’Institut de l’élevage (Idele). Pour les bovins lait et viande, le maïs ensilage en moins pourrait être remplacé par des prairies riches en légumineuses et des céréales. « Cette substitution entre le maïs et l’herbe mobilise plus de surfaces du fait des différences de rendement », note toutefois l’institut technique, 1 ha de maïs ensilage étant remplacé par 1,4 ha de prairies et 0,5 ha de céréales. Quant aux surfaces de légumineuses à graines cultivées en France, le scénario de l’Idele les réserve aux volailles (soja) et aux porcs (colza dépelliculé, pois protéagineux). Compte tenu des « rendements nettement plus faibles et surtout plus irréguliers que pour les céréales et le maïs », le développement de ces cultures nécessiterait un « soutien spécifique » de 200 €/ha sur un million d’hectares (Mha). L’Idele plaide pour une aide équivalente aux légumineuses fourragères, également sur 1 Mha, soit un total de 400 M€.
Toutes filières confondues, l’élevage français est autonome à 43 % en matières riches en protéines. Un taux qui chute à 11 % pour le tourteau de soja, dont l’Hexagone importe environ 3,5 millions de tonnes (Mt) par an en provenance d’Amérique.
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Au niveau européen, le même scénario permettrait de « réduire très fortement, voire se passer rapidement du soja américain », qui représente 30 Mt de tourteaux importées par an. Les surfaces nécessaires ? Quelque 4 Mha de prairies à légumineuses et 6 Mha de soja et protéagineux, toujours primés à 200 €/ha (soit 2 Mrd€).