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HUILE D’OLIVE BIO/ÉTUDE L'embellie des huiles d'olive bio

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Le bio serait une sorte de bénédiction pour les linéaires des huiles d'olive alimentaires en grandes et moyennes surfaces. C'est ce qui ressort d'une étude menée cette année par l'Afidol (Association française interprofessionnelle de l'olive), présentée au Sitevi (salon des filières vigne, fruits, légumes et oléiculture) à Montpellier fin novembre.

« En 2014, le marché de l'huile d'olive bio a progressé de 13,4 %. Il a littéralement boosté le rayon pour une progression globale de 1,9 %. Sur les six premiers mois de 2015, la progression du bio a même dépassé, en valeur absolue, celle des huiles d'olive classiques : + 370 tonnes pour le bio et seulement + 278 tonnes pour l'huile classique », explique Alexandra Paris, directrice de l'économie à l'Afidol.

Entre 2008 et 2013, les ventes d'huile d'olive en grande distribution ont plus que doublé. Cette montée en puissance commerciale s'est accompagnée d'une érosion significative des prix bio dans le sillage de la croissance et de la démocratisation des produits certifiés. Ainsi, l'huile bio est passée de 7,7 € le litre (prix public en moyenne) en 2008 à 6 € en 2014. Sur la même période, l'huile d'olive classique a pratiquement retrouvé son prix de vente de 2008 (5,4 € en 2014 contre 5,6) après avoir chuté à 4,8 € en 2012. Mais les huiles d'olive ne se vendent pas qu'en supermarchés et les producteurs arrivent parfaitement à valoriser leurs flacons bio dans les autres circuits. La fourchette de prix moyen constatée en grande distribution premium (Monoprix…) selon l'Afidol se situe entre 9,80 € et 11,53 €. Une échelle de valeur que l'on retrouve dans le circuit spécialisé et les magasins bio, où l'huile d'olive représente 53 % des ventes. Les consommateurs avertis restent très attentifs à la certification bio, au goût (9/10) et à l'origine locale de fabrication. « Il existe encore un autre niveau de prix, en vente directe, qui procure une meilleure valorisation pour le producteur à condition que la prestation soit de haut niveau et très complète : le flacon, le packaging et surtout la mise en avant du goût. La dégustation est déterminante. Les indications des typicités aromatiques sont très importantes sur l'étiquette, ainsi que l'histoire même du domaine ou des producteurs. Les consommateurs sont friands de ce patri-moine », ajoute Alexandra Paris, qui exhorte les oléiculteurs à raconter leurs huiles, à mettre en scène le moulin bio déterminant dans le processus d'élaboration des huiles.

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PEU D'ATTACHEMENT À L'ORIGINE GÉOGRAPHIQUE

Dans l'hexagone, productions bio française et italienne apparaissent à un même haut niveau de notoriété, devant l'Espagne et assez loin devant la Grèce. Mais les huiles bio sans indication géographique dominent le marché français dans un contexte de marketing de marque et de guerre des linéaires. Dans l'univers du bio, les consommateurs interrogés mettent en avant les critères de certification, d'origine contrôlée, mais la notion de prix arrive avant le bénéfice pour la santé, la qualité et même la provenance France. Pour trouver une vraie notion d'attachement aux origines au produit bio, il faut s'intéresser au focus sur les huiles du Midi de la France, haut de gamme, AOP le plus souvent. C'est là qu'on trouve les fidèles à 80 %, CSP +, qui vantent le caractère sain, le goût et l'authenticité de l'huile d'olive. Et qui tirent le marché vers les sommets.