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Insee Les agriculteurs font de plus en plus appel à des prestataires extérieurs

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Une enquête de l’Insee publiée mi-octobre montre que les agriculteurs hésitent de moins en moins à acheter des services, que ce soit en termes de travaux agricoles ou de conseil. Les dépenses ont fortement augmenté en 15 ans.

Comme de nombreux autres secteurs, les agriculteurs ne résistent pas aux charmes de l’externalisation. Ils confient donc de plus en plus souvent des missions à des entreprises de services. Une enquête de l’Insee qui analyse le phénomène de 1990 à 2005 estime que les exploitants ont dépensé en prestations de service 4 milliards d’euros, soit 6 % de la production agricole. Ces dépenses se divisent en deux postes : les travaux agricoles, et le conseil, qu’il soit financier, agronomique ou informatique.

Profiter d’un matériel récent ou d’un savoir-faire

Le premier poste représentait 2,5 milliards d’euros en 2005, auxquels sont venus s’ajouter 200 millions d’euros de dépenses vétérinaires, un montant stable par rapport au milieu des années 90, et 280 millions d’euros de frais de personnel intérimaires. « Les exploitants font appel à des entreprises spécialisées pour préparer et récolter les cultures ou encore pour procéder à l’insémination artificielle ou à l’épandage de fumier ou de lisier », expliquent les auteurs de l’étude. L’objectif est divers : profiter d’un matériel récent et performant, qui coûterait cher à l’achat, mais aussi déléguer à des spécialistes des opérations très réglementées, comme le traitement des effluents d’élevage.

Les grandes exploitations davantage concernées

Les services aux cultures, qui vont du semis à la récolte en passant par les traitements phytos, ont représenté en 2005 1,7 milliard d’euros, soit 5 % de la production végétale. Une progression de 1,5 % par rapport à 1990. Pendant la même période, les services à l’élevage (reproduction, entretien des étables, contrôle laitier…) ont grimpé de 1,2 %, montant à 700 millions d’euros en 2005, soit 3 % de la production animale.

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Le recours aux entreprises spécialisées que sont les ETA (Entreprises de travaux agricoles) se développe : 6 agriculteurs sur 10 y ont fait appel en 2005, alors que ces missions d’aides à la production étaient auparavant souvent déléguées à d’autres agriculteurs. De fait, l’emploi en ETA et Cuma a fortement progressé ces dix dernières années. Quelles sont les exploitations les plus intéressées par cette délégation des travaux agricoles ? Les grandes fermes, celles dirigées par des femmes, des hommes de moins de 50 ans et les Gaec.

Des prestataires en gestion ou en conseil

Quant au conseil, ce poste a représenté en 2005 1,2 milliard d’euros de dépense, affichant une hausse de 50 % en dix ans. Les exploitations les plus concernées sont celles spécialisées en vin d’appellation, en maraîchage et en horticulture. Le quart des achats de service concerne les activités non agricoles. « A l’instar des autres entrepreneurs, les agriculteurs externalisent des activités qui ne constituent pas leur cœur de métier mais qui sont néanmoins nécessaires au bon fonctionnement de leur exploitation », explique l’Insee.