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Les anas de lin, un gisement de molécules pour Prevcarb

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Trois molécules penvent être extraites des anas de lin. Crédits : © Prevcarb

La start-up normande Prevcarb a démontré l’intérêt des anas, coproduits de la transformation du lin, pour obtenir de la cellulose, de la lignine et de l’hémicellulose. Elle souhaite désormais financer la construction d’un site pilote pour produire à plus grande échelle.

Le lin, culture ancienne par excellence et typique des paysages normands, n’a pas dit son dernier mot. Une fois traité dans les teillages, sites de production qui en récupère la fibre pour le tissage, le coproduit du lin est souvent peu valorisé. Or ces anas de lin représentent un véritable gisement pour obtenir certains molécules. « Grâce à notre procédé organosolv (mettant en œuvre un acide organique), nous extrayons trois molécules plateformes : la cellulose, la lignine et l’hémicellulose », explique Alexis Nass, CEO et cofondateur de la société normande Prevcarb. « Comparé à l’industrie papetière qui n’utilise que le bois comme matière première, notre procédé d’extraction permet un meilleur rendement matière », poursuit-il. « Pour ce qui est de la lignine, nous obtenons une molécule sans résidus de soufre, contrairement à ce qu’obtient l’industrie papetière lorsqu’elle utilise le procédé kraft ».

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Une première production a été réalisée en s’appuyant sur les équipements du centre technique Pivert à Compiègne. « Nous avons traité 34 kg d’anas de lin pour obtenir des échantillons des trois molécules », indique Alexis Nass. Des molécules issues de ressources naturelles agricoles locales, transformées localement au plus près des terroirs et qui représentent des alternatives à des équivalents pétro-sourcés.

Vers le passage à l'échelle

Cette première production a servi de test pour montrer qu’il est pertinent de passer à l’échelle supérieure. « Nous voulons nous doter de notre propre unité pilote qui sera capable de traiter 50 kg d’anas de lin à l’heure et qui sera située au Havre », prévoit Alexis Nass. Reste à réunir les fonds pour ce projet. « Nous allons lancer en janvier notre road show auprès des partenaires financiers », indique le CEO, sans dévoiler le montant recherché. « Cette unité pilote préfigure la construction d’une bioraffinerie prévue à plus longue échéance, dotée d’une capacité de 35 000 par an ».

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Prevcarb a été lancée par ses associés avec un capital de départ de 100 K€ : Alexis Nass, Gauthier Vignon (chef de projet), Guillaume Roubault (conseiller commercial), Jean-Marc Grigorieff (directeur technique) et Christian Rivet de Sabatier. Elle a été accompagnée par Normandie Incubation jusqu’en juillet 2023 et a bénéficié d’une subvention de BPIfrance dans le cadre de l’aide à la faisabilité et à l’innovation.