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CNAOC Les AOC « vins » n’acceptent pas la menace de Bruxelles

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La réforme de la politique de qualité entreprise par la Commission européenne et celle déjà réalisée en France pour les AOC vitivinicoles ont alimenté les débats de l’assemblée générale de la Cnaoc (producteurs de vins et eaux-de-vie d’appellation) le 17 novembre à Paris. D’autres sujets d’inquiétude ont été evoqués : la suppression des droits de plantation et les campagnes contre l’alcool.

Alors que la réforme des AOC françaises arrive à son terme, Pierre Aguilas, le président de la Cnaoc, a critiqué la remise en cause « du bien-fondé de ce chantier » par certains, tout en reconnaissant que « la rapidité de la mise en œuvre (…) a pu faire commettre des erreurs ». « Il faudra savoir entendre les demandes de simplification », a-t-il précisé. Cnaoc et Institut national de la qualité et de l’origine (INAO) se sont entendus pour la rédaction du dernier chapitre, le « lien au terroir », qui déterminera la notion d’origine. La Commission européenne examinera ensuite les cahiers des charges des appellations françaises, mais également italiennes, espagnoles, portugaises et allemandes. Pierre Aguilas a fait part à Guénola Mainguy, représentant le ministère de l’Agriculture, de l’inquiétude de la filière sur « la forme comme sur le fond », évoquant la réforme de la politique de la qualité en cours à Bruxelles.
« La Commission européenne peut remettre en cause jusqu’au 31 décembre 2014 telle ou telle appellation parce qu’elle ne répondrait pas à la définition donnée en 2008 », s’est-il ému.
Il a demandé « à l’INAO et au ministère de l’Agriculture » de faire le nécessaire « pour obtenir une confirmation définitive de toutes les appellations d’origine », rappelant que le concept d’AOC est né en France en 1935, et refusant également la fusion des AOP et des IGP.
« Il est de notre intérêt d’activer les choses au moment de la présidence espagnole et de mobiliser nos partenaires européens », a reconnu Guénola Mainguy.

Maintenir les outils de gestion
Au sujet de l’enveloppe de l’OCM pour la campagne en cours, Pierre Aguilas a dit attendre des pouvoirs publics « de construire des instruments simples et des outils de communication », évoquant les blocages de la dernière campagne. Il a encore demandé au gouvernement de « se mobiliser pour obtenir l’éligibilité de la promotion sur le marché intérieur (européen, ndlr) » qui « représente à lui seul 70% du marché mondial ». Il est revenu sur la suppression des droits de plantation prévue en 2015. Cela « peut mener à un doublement des surfaces plantées » et anéantir les AOC, a-t-il affirmé. Lors du débat parlementaire du 7 décembre au sein de la commission de l’Agriculture, « nous espérons que le Parlement européen plaidera pour le maintien d’instruments de maîtrise de la production », a-t-il ajouté. La filière attend que le gouvernement se mobilise également sur le sujet. Au niveau national, le président de la Cnaoc a encore plaidé pour l’adoption du mécanisme de « volume complémentaire individuel » (VCI) à fin d’assurance qualité et d’assurance récolte (financement par le viticulteur), actuellement expérimenté en Champagne et à Chablis.
Il a insisté pour que la consommation de vin ne soit pas à nouveau condamnée à travers les campagnes de sécurité routière. Il faut lutter contre « les comportements abusifs » et non « contre le produit lui-même », a conseillé le président. Enfin, il a marqué l’opposition de la filière « à l’étiquetage de la contenance en alcool » et « à l’équivalence en unité d’alcool ». Tout comme à « une augmentation de la fiscalité sur les vins et sur les produits vitivinicoles ».

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