La récolte 2019 pourrait être bien maigre pour les apiculteurs. Dans un communiqué du 24 juin, le Modef craint une saison « catastrophique » pour les récoltes de miel. Une affirmation confirmée par Éric Lelong, le président de l’interprofession apicole Interapi : « Nos adhérents nous font parvenir les mêmes échos », indique-t-il. « Ça se passe très mal, selon les premiers retours de nos apiculteurs », corrobore l’Unaf, qui a lancé une consultation auprès de ses adhérents afin d’en savoir plus.
Ces mauvais résultats sont essentiellement liés au climat de ces derniers mois. D’abord, l’hiver doux, qui a favorisé l’activité des abeilles à une période peu propice, entraînant une surconsommation de leurs réserves en miel, faute de fleurs à butiner. L’hiver doux a également stimulé la ponte des abeilles. Or, les colonies, très nombreuses n’ont pas pu se nourrir correctement. En effet, « les gelées tardives » et des « sécheresses » ont « raréfié les ressources pour les abeilles », et « conduit les apiculteurs à nourrir eux-mêmes leur cheptel », selon Henri Clément, porte-parole de l’Unaf. Résultat : pas de miel dans les ruches, ni pour les abeilles, ni pour les producteurs. « Les apiculteurs sont obligés de nourrir les abeilles avec du sirop, car elles risquent de mourir de faim », déplore le Modef. Seule la Bretagne tire, pour le moment, son épingle du jeu, et produit du miel, selon l’Unaf.
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« La saison n’est pas finie, il reste encore de grosses miellées, comme les châtaigniers, la lavande et le tournesol », tempère Éric Lelong, d’Interapi. Mais la canicule, si elle se poursuit, risque d’apporter le coup de grâce à la récolte, en grillant les fleurs sur lesquelles butinent les abeilles. Le changement climatique est le principal responsable de cette situation. « Il va falloir peut-être s’habituer à trouver une production de miel dans des régions plus au nord », déplore Henri Clément, qui en appelle aux pouvoirs publics : « De nombreuses exploitations pourraient ne pas survivre », alerte-t-il.
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