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Les arboriculteurs s’interrogent sur l’assurance et la main-d’œuvre

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En coulisses du congrès de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA), dans la Drôme les 16 et 17 février, les responsables professionnels ont partagé leurs inquiétudes sur la réforme de l’assurance multirisques climatiques et sur l’attractivité des métiers.

Alors que le projet de loi sur la gestion des risques est en passe d’être adopté au Parlement, les arboriculteurs ne sont pas encore tous convaincus par l’assurance multirisques climatiques (MRC). Interrogée à ce sujet durant le congrès de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) le 16 février, la présidente du syndicat arboricole Françoise Roch a affirmé que la FNPF pousse en faveur de la MRC, tout comme la FNSEA. Mais le lendemain, lors d’une table ronde consacrée à la gestion des risques, le président de l’AOPn Pêches et abricots et de la Gouvernance économique des fruits et légumes (Gefel), Bruno Darnaud, a rappelé les principaux freins à la MRC pour la profession : des primes trop élevées, le peu de prise en compte à ce jour des moyens de protection des vergers dans les contrats, et le problème de la moyenne olympique (calculée sur cinq ans et plombée par la fréquence des aléas). Et de prévenir que la part de vergers assurés en MRC (3 % des surfaces actuellement) sera « certainement […] inférieure » demain « si on ne bouge pas cette moyenne olympique ». Et ce alors que l’objectif affiché du gouvernement est d’atteindre au moins 30 % de surfaces arboricoles assurées d’ici 2030, selon l’étude d’impact du projet de loi. « Dans la région [de la vallée du Rhône], les gens se désassurent », a affirmé M. Darnaud.

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Plus « agressif » pour attirer les jeunes

Interrogé sur l’attractivité des métiers de l’arboriculture, le responsable fruits de la FDSEA de la Drôme Régis Aubenas a estimé qu’il faut être plus « agressif » pour « aller chercher les jeunes » et les convertir aux métiers du secteur fruits. M. Aubenas a appelé à « s’inspirer » du secteur agroalimentaire qui, via l’institut de formation régional des industries alimentaires (Ifria-Aura), « a embauché une commerciale » dont la mission « à plein temps » consiste à faire le lien avec les centres de formation. « Elle participe aux forums des métiers pour aller chercher des jeunes qui réfléchissent à leur orientation, elle travaille avec Pôle emploi pour identifier des personnes un peu en rupture… Elle cible très large, et ça remplit les formations », a-t-il expliqué. D’après Régis Aubenas, qui est par ailleurs président du comité régional d’Interfel (interprofession) en Auvergne-Rhône-Alpes, « c’est le syndicalisme qui doit donner l’impulsion » pour que producteurs et metteurs en marché suivent, et se mettent ensuite d’accord avec les centres de formation.

Dans la vallée du Rhône, « les gens se désassurent »