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Modef « Les banques de l’agriculture doivent mettre la main à la poche »

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Face aux producteurs qui attendent des mesures d’urgence et des aides directes, « la surdité budgétaire affichée pour 2005 est une provocation », explique Xavier Compain, président du Modef. Dans ce contexte, les banques de l’agriculture « doivent mettre la main à la poche au nom de la solidarité professionnelle ». Lors de sa rencontre avec le nouveau ministre Dominique Bussereau, le 3 février, le Modef va réclamer « un moratoire financier pour les agriculteurs ».

« Les paysans payent cash les options libérales de la Pac de 92, Berlin 2000 et l’arme monétaire américaine Dollar calée sur la prix mondial. Cela alors même que la lame de fond de la nouvelle Pac verte libérale n’est encore que passagère », a souligné Xavier Compain, président du Modef. Dans ce contexte, alors que les producteurs attendent des mesures d’urgence et des aides directes, le Modef condamne « la surdité budgétaire affichée pour 2005 ». Il en est de la responsabilité du ministre de l’Agriculture et du secrétaire d’Etat d’y répondre, souligne le syndicat. Il en va de même du besoin d’affirmer une « solidarité professionnelle, notamment des banques de l’Agriculture ». C’est le message que fera passer Xavier Compain lors de sa rencontre avec Dominique Bussereau, le ministre de l’Agriculture le 3 février.

Un moratoire financier

Le président du Modef plaide pour « un moratoire financier » pour les agriculteurs. Ce moratoire devrait comporter un report d’annuité (ou « année blanche »), une prise en charge des intérêts plus importante, des avances de trésorerie à taux 0 et des prêts à la consolidation. Selon le président du Modef, « les cinq banques concernées, le Crédit agricole en tête, devront mettre la main à la poche ».

Au sujet du « plan de restructuration de Luxembourg 2003 » ou la nouvelle Pac, le Modef estime nécessaire de « reformer la Pac ». Le syndicat milite pour une Pac assise sur les « fondamentaux : prix rémunérateurs, préférence communautaire, souveraineté alimentaire et production maîtrisée, aides directes modulées et plafonnées par actifs ». L’enjeu est de défendre une « agriculture de taille humaine de terroir et de qualité, soucieuse de l’environnement ».

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Une loi ambitieuse

Le Modef propose que la France soit à l’initiative d’une autre Pac qui soit rémunératrice, solidaire durable, hors du carcan libéral de l’OMC. La Loi d’orientation peut être « un rempart à la Pac 2003 », estime le syndicat. Cette loi doit être « ambitieuse » en rémunérant le travail, facilitant l’accès au foncier, assurant plus de justice et d’équité sociale, créant des emplois et résistant aux prix mondiaux.

Une nouvelle fois, Xavier Compain réitère l’idée d’un front commun syndical qu’il avait évoqué en 2004 à l’heure du combat pour la production laitière. « Le Salon de l’agriculture peut être l’occasion de dire quelque chose », espère-t-il.