En congrès à Paris, les betteraviers de la CGB ont détaillé un agenda épais pour les prochains mois, avec des dossiers de poids à l’échelle européenne comme à l’échelle nationale. Si le ministre défend une prolongation de la dérogation pour les néonicotinoïdes en 2023, le syndicalisme s’interroge sur l’après.
« Dans les prochains mois, l’agenda réglementaire est chargé », a prévenu Franck Sander, président de la CGB (betteraviers, FNSEA), lors de l’assemblée générale des planteurs le 8 décembre. Au niveau européen, les betteraviers continuent de dénoncer le projet « funeste » de révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides. Plusieurs textes pourraient également, dans leur rédaction actuelle, mettre à mal la filière biocarburants. Dans la révision de la directive européenne sur les énergies renouvelables, regrette Franck Sander, la Commission ne porte « aucune ambition sur les biocarburants conventionnels ».
De même, invite-t-il, la réglementation sur les émissions de CO2 devra « donner leur chance aux véhicules thermiques et hybrides », tandis que le projet de révision de taxation sur les énergies « ne devra pas nier le caractère renouvelable des biocarburants ».
Au niveau national, le dossier le plus urgent reste celui des néonicotinoïdes. Dans une vidéo diffusée lors de l’assemblée générale, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a confirmé à demi-mot la prolongation de l’autorisation pour les prochains semis. « Une dérogation pour 2023 est à venir, je l’espère », a indiqué le ministre. La décision devrait être officiellement annoncée fin janvier, à l’occasion d’une réunion du comité de surveillance créé par le PNRI.
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La recherche d’un soutien politique pour l’après 2023
Mais l’incertitude demeure entière concernant la prolongation de la dérogation après 2023. Au sein de la CGB, on le sait déjà, « une nouvelle dérogation pour 2024 devra passer par l’Assemblée nationale ». Or, lors du congrès, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a semblé elle-même douter de la possibilité d’une victoire politique, face à la nouvelle composition de l’hémicycle.
Une analyse partagée par Loïc Prudhomme, député LFI à l’initiative d’un colloque sur les pesticides le 8 décembre, qui confirme à Agra Presse que le prolongement de la dérogation par une nouvelle loi « sera une affaire différente », au vu du nombre de députés obtenus par la Nupes. Devant les betteraviers, le ministre n’a rien dévoilé de la position du gouvernement sur cette prolongation. « Il nous appartient dans les six prochains mois de clarifier la situation », a éludé Marc Fesneau.
Six ans après l’inscription de l’interdiction dans la loi, le défi technique est toujours aussi complexe à en croire les betteraviers. Alors en parallèle de la dérogation en cours d’examen pour les semis à venir, la CGB prépare donc une « stratégie de filière » visant à examiner l’ensemble des solutions, dont certains outils chimiques n’étant pas étudiés par le PNRI.