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Les biosolutions d’INCérès à base d’huiles essentielles, une alternative aux produits interdits

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L'une des solutions d'INCérès lutte contre la Drosophila suzukii, une mouche qui s’attaquent aux cerisiers. Crédits : © Jackmac34 - Pixabay

Développer des biosolutions et les mettre sur le marché pour remplacer les intrants chimiques interdits et ainsi répondre aux besoins de certaines filières, telle est la mission que s’est fixée Inès Taurou lors de la création d’INCérès. La start-up est en cours de levée de fonds pour renforcer ses équipes.

Après une dizaine d’années dans la promotion de solutions naturelles en agriculture, Inès Taurou a fondé INCérès, avec « la volonté d’accompagner les agriculteurs dans le développement de biosolutions face à l’interdiction des produits d’origine chimique. Mon objectif vise à mettre en marché des biosolutions en fonction des besoins des agriculteurs et de certaines filières actuellement dans l’impasse compte tenu des nouvelles réglementations, tout en développant la R&D pour obtenir de nouvelles solutions efficaces à partir d’huiles essentielles ».

La société travaille actuellement sur deux produits, l’un contre la Drosophila suzukiiune mouche invasive originaire d’Asie du Sud-Est qui s’attaquent notamment aux cerisiers, l’autre contre les pucerons appartenant à la famille des Aphidae, connus pour causer d’importants dommages sur un grand nombre de plantes cultivées, notamment les fruits et les betteraves. Les solutions d’INCérès n’utilisent que des plantes consommables et entrent dans le cahier des charges des produits de biocontrôle. 

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« Les clés de la réussite passent par la compréhension de la valeur précise d’une biosolution afin de bien l’utiliser pour obtenir de bons résultats et de pouvoir développer ces essais en situation et non pas seulement en laboratoire. Nous avons testé nos deux formulations en plein champs avec de très bon résultats, notamment 16 essais réalisés sur la cerise. Actuellement, 80% des ressources humaines d’INCérès travaillent sur les expérimentations en plein champs et c’est le cumul de ces résultats grandeur réelle auprès d’agriculteurs qui nous font confiance, qui nous permettent d’avancer dans nos formulations », explique la fondatrice et CEO. Inès Taurou prévoit de se tourner vers d’autres productions, notamment pour lutter contre les pucerons qui attaquent les pommes et les poires. 

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Une levée de fonds en cours

Pour autant, si les solutions d’INCérès ont prouvé une efficacité identique à celle des produits interdits, la réglementation peine encore à suivre pour accorder les autorisations de mise sur le marché (AMM) et donc la commercialisation de ces biosolutions. Inès Taurou est d’ailleurs très engagée pour essayer de faire avancer la législation, auprès de la filière cerise en France notamment, un secteur qui comme d’autres (la betterave, ndlr) doit faire face aux interdictions sur l’utilisation des intrants chimiques alors qu’il n’existe pas d’autres solutions efficaces autorisées sur le marché actuellement. Les filières concernées peuvent soit demander à obtenir des dérogations pour utiliser certains produits interdits, soit se tourner vers des produits de biocontrôle homologués sous serres qui sont dans l’attente d’une autorisation de mise sur le marché. 

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Les AMM en Europe prennent entre 5 et 10 ans, là où elles sont délivrées entre 2 et 3 ans à l’international, rappelle la fondatrice d’INCérès. « La lenteur de l’homologation est un frein au développement de nombreuses start-up sur le biocontrôle, qui pour certaines choisissent de s’implanter à l’étranger pour poursuivre leurs recherches et ainsi sécuriser leur business », déplore Inès Taurou. 

La start-up est en train de boucler une levée de fonds de 1,4 M€, dont 800 K€ auprès de business angel, le reste auprès de Bpifrance, pour accompagner renforcer ses équipes, notamment des ingénieurs techniques pour poursuivre ses essais en plein champs.