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Vin Les Bordelais s’endettent pour 20 ans pour lutter contre la crise

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Le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) a présenté à Paris le 15 mars le « plan Bordeaux » pour lutter contre la crise. Principale mesure : un emprunt sur 20 ans pour financer l’arrachage de 8 000 à 10 000 ha de vignes. Par ailleurs, Christian Delpeuch, récemment condamné avec d’autres négociants de la région, dans une affaire de tromperie, a déclaré qu’il se pourvoyait en cassation.

Le « plan Bordeaux », « avalisé et cautionné par le ministre de l’Agriculture », est composé de trois volets et de vingt mesures conjoncturelles et structurelles. Un volet « assainissement du marché » avec des mesures de distillation, de mise en réserve, de maîtrise des rendements et d’arrachage. Pour la distillation, la région a formulé une demande à hauteur de 1 million d’hl. En ce qui concerne l’arrachage, un appel d’offres, garanti par l’Etat français, sera lancé « dans les prochains jours » auprès des banques européennes pour un emprunt de 60 millions d’euros destiné à co-financer l’arrachage (complément aux aides de Bruxelles) de 8 000 à 10 000 ha de vignes.

« Nous espérons que l’ouverture de cette ligne de crédit, pour une durée de 18 à 20 ans, sera bouclée avant la fin de l’année», a précisé Christian Delpeuch, président du CIVB.

Réécriture des décrets : une échéance le 15 avril

Le deuxième volet concerne la « restructuration de l’offre » à travers la réécriture des décrets d’appellation, le renforcement des contrôles de qualité et la diversification.

« Il y a 57 AOC dans le bordelais. Six groupes de travail regroupant les 57 AOC sont constitués. Ils doivent présenter un premier rapport le 15 avril », a déclaré Xavier Carreau, vice-président du CIVB.

Il s’est dit favorable à la règle européenne des 85/15 pour ce qui est des mélanges de millésimes mais opposé aux copeaux et à l’aromatisation du vin.

Christian Delpeuch a rappelé de son côté que le cépage peut être mentionné sur les AOC, comme le prévoient les règles de l’UE concernant les VQPRD. Il a demandé que le cépage soit mentionné sur les étiquettes (de face) des AOC génériques.

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« Les restaurants des pays anglo-saxons et asiatiques font leur carte de vins non plus en fonction des origines des vins mais des cépages », a t-il expliqué.

Entre 500 et 800 entreprises en difficulté

Enfin, le troisième volet du « plan Bordeaux » redéfinit la politique commerciale et promotionnelle.

« Nous avons commencé à réorienter les promotions vers les lieux de vente comme le font nos concurrents et abandonné la publicité », a poursuivi Christian Delpeuch.

Après avoir interrogé les entreprises de la région en difficulté, Xavier Carreau a estimé leur nombre entre 500 et 800, à des degrés divers. « Même les grandes maisons de négoce souffrent », a-t-il précisé.

La récente condamnation de Chritian Delpeuch et d’autres négociants de la région bordelaise a été abordée : « Le directeur général de Ginestet s’est pourvu en cassation, estimant que sa bonne foi n’a pas été reconnue par le tribunal », a précisé Christian Delpeuch. Xavier Carreau a précisé que le bureau du CIVB a confirmé le 14 mars sa confiance à Christian Delpeuch.