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Bière  Les brasseurs constatent un mieux sur le circuit alimentaire

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Le marché français de la bière s’est redressé l’an dernier, du moins pour les ventes à domicile. Un mouvement suffisamment marquant pour compenser l’érosion continue des ventes en CHR.

2005, année du frémissement pour la brasserie française ? Les ventes sur le marché intérieur de la bière ont été mieux orientées – et sans effet canicule comme deux ans plus tôt. Certes, la baisse continue de la consommation dans les cafés s’est poursuivie avec 200 000 hectolitres de moins qu’en 2004 mais a été plus que compensée par les ventes du circuit alimentaire qui, elles, ont augmenté de 277 000 hl. Au total, la croissance n’est encore que de 0,6% en volume (20,354 millions d’hl) mais cela contraste heureusement avec 25 ans de déclin pendant lesquels un quart du marché a disparu.

La question, pour Gérard Laloi qui a pris les commandes du syndicat Brasseurs de France il y a six mois, est de savoir si « une hirondelle peut faire le printemps », si cette tendance se prolongera dans l’avenir. Ce n’est pas exclu dans la mesure où plus le circuit alimentaire est dominant (il est passé à 73%) plus cela redonne la main aux fabricants dont les innovations animent le marché. Avec quand même deux écueils, d’une part les marges y sont plus bataillées et le dynamisme du circuit hard discount ouvre davantage la porte aux importations. D’ailleurs, la production nationale n’a pas rebondi comme la consommation en 2005 puisque son volume (à 16,3 M hl) a encore reculé de 3% quand les importations ont augmenté de 7,4% (à 5,8 M hl) et que les exportations (1,8 M hl) ont baissé de 10%.

Au total, la profession a réalisé un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros, inchangé l’an passé, avec un effectif de 4 500 salariés.

Le cœur du marché se dévalorise

En effet, en GMS, la bagarre est très rude puisque, selon Nielsen, si les volumes achetés ont progressé de 0,9%, leur valeur, elle, a baissé de 0,2%. Le cœur du marché, en effet, c’est à dire les bières classiques sur lesquelles se battent essentiellement les grandes marques, a à peine perdu en volume mais beaucoup en valeur (-4,8%). Le rôle moteur est donc joué par les bières de spécialité, qui ont bondi de 7,7% en volume et qui en valeur font désormais plus du quart du marché. Les bières spéciales, elles, se défendent bien aussi et pèsent près du tiers du rayon. Une tendance récente qui favorise certes les bières étrangères mais qui conforte aussi les petites et moyennes brasseries régionales venues grossir les rangs de l’association Brasseurs de France : désormais sur ses 62 adhérents plus d’une cinquantaine, implantées dans toutes les régions, ont des capacités de production inférieures à 30 000 hl.

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Fait nouveau en 2005, la forte poussée du circuit hard discount (+13% en 2004) s’est bien ralentie avec des ventes de 2,6 M hl (+2,5%), quand les magasins de proximité (1,1 M hl) ont encore perdu 1,3%. Le cœur du marché (hypers et supermarchés), en hausse de 0,7% avec 8,1 M hl a donc bien tiré l’ensemble du circuit alimentaire.

Innovations

La distribution, sans doute sensible à la première campagne collective en faveur de la bière lancée en juin 2005 par Brasseurs de France, a fait une place à des gammes plus larges, à des recettes nouvelles, à l’arrivée des mini-fûts, des bouteilles de 15 cl ou des boites de 50 cl ainsi qu’aux solutions-services comme les packs glaçons. Ce qui a joué également, c’est la réduction du degré d’alcool, la création de marques à moins de 3°, le lancement de bières allégées ou sans alcool dont le goût est bien meilleur qu’il y a quinze ans, et enfin une forte animation publi-promotionnelle par les principales marques du marché.

A contrario, sur le circuit très éclaté des cafés-hôtels-restaurants, les brasseurs ont plus de mal à cibler des plans d’animation et à imposer une politique d’innovation : d’abord du fait du déclin du nombre d’établissements (-50% en quarante ans), mais aussi de la baisse du chiffre d’affaires bière de chacun d’eux tandis que leur fréquentation souffre des nouvelles concurrences faites sur l’offre repas (boulangeries, sandwicheries,…).