Avant l’été prochain, l’association des brasseurs du Nord de la France devrait déposer une demande de certification auprès des autorités françaises. La première étape sur la longue route pour obtenir une Indication géographique protégée (IGP) de la part des institutions communautaires.
Ce n’est pas ni un goût, ni une couleur, ni une mousse que les brasseurs du Nord de la France veulent protéger mais plutôt « s’appuyer sur la diversité » et un savoir faire régional reconnu : le brassage des bières blondes spéciales du type Jenlain, Ch’ti ou Goudale, explique Gérard Sonnet, le secrétaire général du Syndicat des brasseurs. Alors que l’idée trotte dans la tête des fabricants depuis quatre ou cinq ans, ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils sont parvenus à s’entendre sur un élément essentiel : le référentiel décrivant le produit.
Entre puristes du mélange malt/ houblon et esprits plus innovants ajoutant chicorée ou rhubarbe à leurs produits, les brasseurs ont tranché : l’IGP se limitera à la bière classique du Nord, une blonde, légèrement amère sans toutefois fixer un carcan trop restreint comme il peut en exister pour les fromages ou les saucissons…
« Référence qualitative »
Tout l’enjeu du dossier est là : obtenir la reconnaissance européenne du savoir-faire local pour enrayer la concurrence des nouvelles « régions brassicoles » en plein développement (même si les volumes restent limités) comme l’ouest de la France ou même la Corse. « Nous cherchons une référence qualitative, c’est une démarche inhabituelle et ce n’est pas gagné d’avance », reconnaît M. Sonnet.
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La première étape devrait être franchie avant l’été avec le dépôt d’une demande de certification auprès des autorités françaises. C’est à elles que reviendra ensuite la mission de soutenir le dossier auprès de la Commission de Bruxelles. Compte tenu des procédures administratives, une IGP n’est pas attendue avant 2010 par les Brasseurs du Nord.
Une trentaine de brasseries
La région du Nord se place au second rang en terme de production de bière. Elle compte 12 brasseries qui produisent de 2500 hl à 3 millions d’hl par an, selon les chiffres du Syndicat des Brasseurs. À cela s’ajoutent 18 brasseries produisant moins de 2500 hl/an. Le chiffre d’affaires annuel du secteur approche les 700 millions d’euros. Quelque 1000 salariés travaillent dans le secteur (hors distribution).