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Les céréales davantage utilisées en alimentation animale

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FranceAgriMer a souligné le 8 mars « une hausse du taux d’incorporation des céréales en alimentation animale au détriment des oléagineux », résultat d’une bonne teneur en protéines. L'établissement public table notamment sur une utilisation importante de blé dur, qui est en partie déclassé.

Les fabricants d’aliment du bétail (Fab) manifestent à l’égard des céréales « un intérêt supplémentaire par rapport aux récoltes habituelles », a indiqué Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures. Et d’expliquer qu’elles présentent « le point de protéine le moins cher » face aux tourteaux.

Concernant le blé dur, FranceAgriMer maintient l’hypothèse de 150 000 t incorporées en alimentation animale : par rapport au mois dernier, la baisse des estimations à 50 000 t est compensée par l’apparition d’un poste « autres » utilisations de 100 000 t, qui anticipe une sous-déclaration par les Fab. « La forte dégradation de la qualité du blé dur, notamment dans la région Centre, entraîne une utilisation importante en alimentation animale », a pointé Olivia Le Lamer, notant l’« unanimité » des analystes de marché à ce sujet.

FranceAgriMer reste sur une estimation de 5,5 Mt de blé tendre pour les Fab mais relève ses chiffres en maïs à 2,3 Mt (contre 2,2 Mt prévu en février) et en orge à 1,5 Mt (1,3 Mt). Cette hausse de 200 000 t d’orge conduit à un poste d’utilisation en aliments composés qui augmente de près de 50 % par rapport à 2015-16. « On était l’an dernier à un minimum technique, avec 1 Mt d’orge pour les Fab », a-t-elle relativisé.

Allègement des stocks d'orge

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Peu de changements interviennent côté bilans céréaliers 2016-17. En orge, l’établissement public relève ses estimations pour l’export vers les pays tiers à 2 Mt (contre 1,8 M t le mois dernier). « Depuis quelques semaines, l’orge bénéficie d’une très bonne dynamique à l’exportation notamment vers le Proche et le Moyen-Orient », a déclaré Olivia Le Lamer. Cela contribue à l’allègement des stocks de fin de campagne : anticipés comme « très lourds » à 1,9 Mt d’orge prévu en février, ils passent à 1,6 Mt, ce qui « se rapproche du niveau habituel, même si la moyenne de 1,1 Mt à 1,2 Mt reste loin », d’après la spécialiste.

En blé tendre, FranceAgriMer abaisse ses prévisions d’export vers l’Union européenne à 5,7 Mt (contre 6 Mt estimé en février). « On note un retard vers certaines destinations comme les Pays-Bas, où les acheteurs ne consentent pas à acheter des PS (poids spécifiques) bas », a indiqué Olivia Le Lamer. Les exportations vers les pays tiers sont relevées à 5 Mt (contre 4,9 Mt). Cela tient compte de l’Egypte, marché sur lequel viennent d’être conclues les premières ventes de blé français auprès du Gasc, l’office public d’achat. Reste à savoir si elles constituent l’amorce d'autres contrats.

« Le point de protéine le moins cher » face aux tourteaux