Abonné

AGPB Les céréaliers réclament un plancher d’aide

- - 3 min

Très sensibles aux révisions qui pourraient être entraînées par la future Pac, les céréaliers réunis au sein de l’AGPB proposent de fixer un plancher d’aides publiques pour éviter un effondrement pour certains. Et demandent ardemment que soit évitée une renationalisation excessive de la Pac.

«La Pac doit rester une politique la plus commune possible », a réclamé Philippe Pinta, président de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé), le 11 juin en conférence de presse. Sa renationalisation doit être limitée à 20 % maximum, a-t-il défendu. Autre proposition, la mise en place d’un plancher d’aide, équivalent à 70 % de la moyenne nationale par hectare sur le 1er pilier. « Deux choses sont insupportables », a-t-il confié, s’agissant des différentes positions sur la réforme de la Pac. « Les scopeurs français risquent de subir des distorsions de concurrence, particulièrement face aux Allemands : 10 à 20 euros par tonne de céréale, 30 à 40 euros par tonne de colza. La renationalisation des aides peut aller jusqu’à 50 % sur le 1er pilier. » D’où son interrogation : « Que reste-t-il de la Pac ? » Les simulations de l’AGPB montrent qu’une exploitation moyenne en Lorraine, avec céréales et oléoprotéagineux, risque de voir ses paiements du 1er pilier fondre à 182 euros/ha. Dans le Berry, ils descendraient à 150 euros/ha. Cela à comparer avec des scopeurs outre-Rhin restant à environ 300 euros/ha. « Il faut avoir conscience qu’au 1er janvier 2015, certains agriculteurs risquent de voir brutalement leurs aides réduites de moitié », a souligné Philippe Pinta.

Le fonds céréaliers/éleveurs repoussé

L’AGPB conteste, par ailleurs, des contre-vérités. Notamment l’idée que 80 % des aides vont à 20 % des exploitations, qui justifierait le besoin de rééquilibrage des soutiens. C’est vrai en Europe, pas en France, soutient l’organisation, chiffres de la Commission à l’appui. Pour les seules subventions du 1er pilier, 40 % des fermes françaises reçoivent 81 % du total, soit une concentration deux fois moins élevée que dans l’UE. Les statistiques Agreste montrent aussi qu’en France, seules 30 % des subventions européennes vont aux exploitations céréalières. Pour l’AGPB, la réforme de la Pac constitue la « priorité », par rapport à d’autres chantiers. Le fonds de modernisation céréaliers/éleveurs (FMCE) est un de ces chantiers. Il vient de recevoir le feu vert des juges européens, avec un arrêt favorable aux cotisations volontaires obligatoires (CVO). Trop tard, estime l’AGPB. « Le fonds sera repoussé d’une campagne, a déclaré Philippe Pinta. Il faut installer l’interprofession, étendre les CVO… cela mène largement au-delà de la rentrée. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.