Dix ans après le rachat par son client japonais Yoku Moku, les Chocolats Le Roux sont en grande forme. Le chiffre d’affaires et les effectifs ont plus que doublé sur cette période. Une nouvelle boutique en propre doit ouvrir fin 2017 à Tokyo.
Dans les années 2000 et bien avant, l’échoppe d’Henri Le Roux à Quiberon (Morbihan) était le passage obligé des Japonais en visite en France. Quand l’heure de la retraite a sonné pour cet artisan passionné, qui a commencé en 1977 à fabriquer les premiers caramels au beurre salé bretons, la transmission s’est tout naturellement tournée vers l'un de ses clients japonais, Yoku Moku. Entreprise familiale de confiseurs qui trouve chez les Chocolats Le Roux le laboratoire d’expérimentation de ses chocolats de luxe. "Des bonbons que les Japonais dégustent comme des verres de grand cru de Saint-Emilion", reconnaît Makoto Ishii, le directeur général. Ce rachat en 2006 s’était accompagné d’un agrandissement du site de production, avec l’installation d’un nouveau laboratoire à Landévant de 2 300 m2, opérationnel en 2008. Toujours présent à Quiberon et Landévant, les Chocolats Le Roux compte également trois boutiques à Paris. Aujourd’hui, dix ans plus tard, l’entreprise a multiplié son chiffre d’affaires par deux, à 1,8 million d'euros et les effectifs sont passés de 12 à 25 collaborateurs.
25 % à l’export
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Si dans le laboratoire, tout est encore fait à la main, l’enrobage est, quant à lui, automatisé. La production atteint près de 12 tonnes de chocolats finis par an, dont le quart part directement vers le pays du Soleil levant. En effet l’export, avec le Japon en tête, représente 25 % de l’activité des Chocolats Le Roux. L’enseigne française compte deux corners dans des grands magasins à Tokyo et bientôt une nouvelle boutique en propre qui doit ouvrir fin 2017. "Les corners ne nous permettent pas de présenter tout l’univers de la marque, explique Makoto Ishii. Nous n’avons que 18 références au Japon quand nous en proposons 50 en France". L’objectif est donc de faire grandir l’affection des Japonais pour les Chocolats Le Roux en valorisant l’ensemble de la gamme. "L’investissement dans ce projet est important, les loyers sont deux fois plus élevés qu’à Paris", indique Makoto Ishii. Mais les Japonais sont prêts à débourser 250 € le kilo de chocolat quand en France il ne coûte que 106 € du kilo. "Les boîtes qui se vendent le plus sont celles contenant six ou sept bonbons de chocolats, contre les 250 grammes en France. Les Japonais les offrent en cadeaux ou les dégustent religieusement, un seul par jour", assure le directeur général. Depuis 2016, Les Chocolats Le Roux tiennent également un corner à Dubaï et développe un partenariat avec le Four Seasons de Londres qui propose les bonbons de chocolat à ses clients. "Nous n’avons pas l’ambition d’ouvrir cinquante boutiques en dix ans, nous ne faisons pas une course au volume, assure Makoto Ishii. Notre projet est d’agrandir notre base de clientèle par le biais de nouveaux partenariats avec des hôtels de luxe en Europe."