En Ile-de-France, six conseillers bio du réseau des chambres d'agriculture ont pour mission d’accompagner les agriculteurs en bio. Au-delà de l’accompagnement technique, les conseillers bio sont de véritables catalyseurs de la démocratisation du bio dans les territoires.
« Sur les quarante études de conversion, vingt ont abouti à une conversion en 2016 », explique Charlotte Glachant, conseillère en grandes cultures bio de la Chambre d’agriculture de Seine-et-Marne, lors d’un déplacement organisé par l’APCA le 11 mai dans ce département. L’agriculture bio est dans une dynamique incontestable. « Il y a eu plusieurs vagues de conversion », rappelle-t-elle. À chaque fois, les conseillers ont pour mission d’accompagner et de suivre le mouvement. « La chambre d'agriculture catalyse les initiatives des agriculteurs », définit-elle.
Le temps de la réflexion
Ainsi, les conseillers bio accompagnent les premières réflexions des agriculteurs souhaitant se convertir. « Nous organisons des tours de plaine chez les agriculteurs bio », raconte la conseillère. Les agriculteurs conventionnels peuvent avoir un premier aperçu de leur métier en bio. Le contact entre les agriculteurs est une étape majeure du processus de conversion. Dominique Collin, en bio depuis 2002, se souvient : « Quand j’ai voulu me convertir, j’ai rencontré une vingtaine d’agriculteurs bio. » L’année de sa conversion, il est le seul dans le périmètre de sa ferme située à Marolles-en-Brie (77) à être en bio. Son réseau personnel et celui des chambres lui ont permis de franchir cette étape. Aujourd’hui, il constate que tous ses voisins ont franchi le cap. « La difficulté au départ, c’est la barrière culturelle ». Un obstacle qui, au rythme des conversions, s’amenuise car le bio n’est plus une « niche ». C’est aussi ce que constate Charlotte Glachant : « Les agriculteurs en conventionnel n’hésitent plus à demander des études de conversion », contrairement à il y a quelques années.
Le temps de la conversion
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Les diagnostics de conversion n’aboutissent pas tous à un feu vert de la part des conseillers bio. « Nous prenons toutes les précautions car, pour les agriculteurs, c’est l’avenir de leur exploitation qui est en jeu. » Mais lorsque l’agriculteur est décidé et que la chambre d'agriculture valide le projet, la conversion est engagée. Frédéric Piot, qui exploite 250 hectares en grandes cultures à Saint-Germain-Laxis (77), finit sa conversion dans trois semaines, indique-t-il. La mise en route a été « bonne », notamment grâce aux formations, aux réunions techniques et économiques organisées par la chambre.
Le temps du suivi
Une fois la conversion terminée, les conseillers continuent de suivre les nouveaux convertis. Mais l’accompagnement bio est particulier : « Nous conseillons davantage sur des pratiques préventives. Le conseil en conventionnel porte davantage sur le curatif ». Un des objectifs prioritaires est d’éviter d’avoir besoins de traiter, par exemple en intégrant une grande diversité de cultures dans la rotation. Par ailleurs, « nous travaillons aussi avec les agriculteurs bio sur des expérimentations pour consolider les références techniques ». Ces références, très fournies en conventionnel, sont en cours de consolidation voire de construction pour la conduite des cultures en bio. « À partir d’essais au champ chez les agriculteurs, nous avons mis en place un outil d’aide à la décision pour l’apport en azote dans les cultures bio. Cela a mis des années », illustre-t-elle. L’idée est ensuite d’échanger avec les autres conseillers bio du réseau des chambres pour éviter les doublons et diffuser ces outilsau plus grand nombre.
Charlotte Glachant : « Les agriculteurs en conventionnel n’hésitent plus à demander des études de conversion. »