Alors que la Commission européenne prépare des mesures pour limiter l'usage des antibiotiques en élevage, les consommateurs européens présentent leurs propositions.
LE Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) propose dans un rapport, « Antibiotiques dans l'élevage : le moment d'agir », une série de mesures à mettre en œuvre au niveau communautaire afin de réduire « d'urgence » la présence croissante des bactéries résistantes aux antibiotiques dans les produits alimentaires et l'exposition des consommateurs. La Commission européenne doit présenter dans les prochains mois des propositions législatives sur les antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire et sur les aliments médicamenteux (1). Pour l'association de consommateurs, la première décision à prendre est de restreindre le recours aux antibiotiques aux usages thérapeutiques et non plus comme facteur de croissance par exemple, ou pour prévenir l'apparition de maladies. Dans le même ordre d'idée, il est demandé de faire du traitement individuel la norme et du traitement de troupeau entier une exception. De plus, le Beuc plaide pour une limitation des traitements par voie orale. « L'interdiction de l'utilisation d'antibiotiques dans les aliments médicamenteux doit être examinée soigneusement », estime l'association. Enfin, le Beuc suggère de limiter l'utilisation des beta-lactamines et autres antibiotiques d'importance critique : « Ces antibiotiques doivent être interdits pour les espèces où un risque élevé de transmission de la résistance a été identifié, ainsi que pour le traitement de groupe ».
De manière plus générale, le rapport souligne qu'il serait important de séparer les activités de prescription et de ventes d'antibiotiques des vétérinaires pour éviter toute incitation à la consommation. Afin de réduire le besoin d'antibiotiques des mesures devraient être prévues pour améliorer la santé animale grâce à des mesures de biosécurité et à la prévention contre les maladies.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les autorités européennes devraient réaliser des tests dans les produits à base de viande pour évaluer la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques, « plutôt que ce soient les associations de consommateurs qui le fassent », propose également le Beuc. Et enfin il estime que le suivi dans tous les États membres des progrès réalisés pour chaque espèce permettrait de repérer les bonnes pratiques et de les diffuser par la suite.
(1) Voir n° 3454 du 23/06/2014