Evoquant sur son blog la surchauffe des prix alimentaires intervenue en août, en particulier dans les secteurs du lait et des céréales, Mariann Fischer Boel estime qu’une telle situation était inimaginable il y a un an. Pour la commissaire à l’agriculture, si ce phénomène de hausse des prix « échappe dans une large mesure à notre contrôle, il est juste aussi de dire qu’il reflète de manière positive le processus de réforme de la Pac entamé en 2003 ».
Les récentes évolutions de prix sont ni plus ni moins qu’une réaction des marchés, ce qui est précisément ce que nous attendons pour l’agriculture européenne en 2007, explique sur son blog Mme Fischer Boel. « Les objectifs de la réforme de la Pac, poursuit-elle, sont de rendre les exploitants plus réactifs aux marchés et de faire en sorte que l’agriculture européenne devienne plus compétitive ».
La commissaire, qui se félicite que les produits agricoles européens puissent être exportés sans restitution, évoque la situation anachronique du régime laitier. Mais il convient de prévoir un atterrisage en douceur, indique-t-elle, car il n’est pas possible de se débarrasser des quotas du jour au lendemain. « Je crois que l’option la plus réaliste consiste à prévoir une augmentation graduelle des quotas jusqu’à leur abolition en 2015 ». Un débat sur ce sujet devra avoir lieu l’année prochaine dans le cadre du bilan de santé de la Pac, ajoute-t-elle.
Les biocarburants pas responsables de la hausse des prix
Par ailleurs, la commissaire réfute les arguments selon lesquels le développement de la production de biocarburants serait responsable de la hausse des prix des céréales. Les vraies raisons de la hausse des prix sont le niveau peu élevé des récoltes dans beaucoup de régions, le mauvais temps en Europe et la demande croissante en Asie de l’est, affirme-t-elle. Mme Fischer Boel, qui rappelle sa détermination à obtenir une réduction du gel des terres pour l’année prochaine, précise que la question de la jachère sera également inscrite en bonne place dans l’agenda du bilan de santé.
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La commissaire reconnaît également fondées les inquiétudes des éleveurs confrontés à une augmentation des prix des aliments. Mais, selon elle, la hausse des prix des céréales affecte tous les producteurs, même les plus compétitifs comme le Brésil. « Cela conduira à des ajustements des prix mondiaux des viandes. Aussi, j’espère que la compétitivité des agriculteurs de l’UE sur les marchés mondiaux ne sera pas trop affectée par la situation actuelle », écrit la commissaire.
Enfin, explique Mme Fischer Boel, « dans l’ensemble du débat sur les prix alimentaires, nous ne pouvons pas perdre de vue les effets sur les consommateurs ». « Je tiens à dire seulement que les augmentations de prix des produits laitiers dans les supermarchés dans plusieurs Etats membres ne sont absolument pas justifiées au vu de la situation générale de l’approvisionnement dans l’UE. La part des matières premières dans le prix final d’aliments comme le pain est relativement faible et j’espère que les supermarchés agiront de manière responsable ».