Abonné

Viticulture Les coop plaident pour des orientations de prix

- - 3 min

En présentant les résultats de la récolte 2009, le président des coopératives viticoles (CCVF) Denis Verdier a vivement plaidé pour que les professionnels puissent disposer de tendances prévisionnelles des cours, voire même d’orientations de prix. Il incite les opérateurs à tabler sur une hausse de 10 % des prix à la propriété. Quant à la vendange, elle se situe au niveau bas de 46,5 millions d’hectolitres, avec une qualité moyenne excellente. Des orientations tarifaires ont été envoyées, en Languedoc, aux producteurs et coopératives.

«Nous n’avons pas de tendances prévisionnelles. On ne fait que constater les cours passés », affirmait Denis Verdier, président des coopératives viticoles (CCVF) en présentant les grandes lignes de la vendange 2009 le 8 octobre. Et d’insister : « Il faut mettre en place des indicateurs de cours. Cela évitera la spéculation ». Au passage, le président des Coop viticoles égratigne les pouvoirs publics en regrettant « qu’ils se trompent systématiquement, en annonçant des vendanges élevées qui se réduisent au fur et à mesure des estimations ». C’est exactement ce qui s’est passé pour la vendange 2009 qui est « revue, extrêmement, à la baisse, atteignant 46,5 millions d’hectolitres soit un tout petit peu plus que l’an dernier qui vit sans doute la récolte la plus basse depuis la guerre ». Pour autant, cette récolte s’annonce excellente en terme de qualité. « En 24 ans de carrière, je n’ai pas vu une vendange aussi prometteuse », affirme un œnologue de la Gironde.

Écart de prix
Cet optimisme sur la qualité n’empêche pas une vive inquiétude sur les données économiques. Les prix à la consommation augmentent de 4 % et ceux de la production baissent de 5 %. « C’est presque 10 % d’écart » , regrette Denis Verdier qui clame : « Il est grand temps qu’il y ait aussi une surveillance des marges en viticulture ». Il table cependant sur des rapports contractuels entre membres de la filière : « La Loi de modernisation agricole (LMA) doit relancer la contractualisation qui en a grand besoin ». En attendant, le chef de file des coopératives viticoles recommande aux opérateurs de tabler sur une hausse de 10 % des prix à la propriété. « C’est un minimum pour retrouver des marges au niveau des entreprises », dit-il. De quoi appuyer les éléments d’une proposition de grille tarifaire envoyée par la fédération régionale Languedoc de la CCVF afin d’harmoniser les positions des producteurs et coopératives.

Des cépages sur les vins de table
Reste à connaître la stratégie des grandes surfaces de distribution qui contrôlent 70 % au moins de la consommation de vins. Une rencontre des distributeurs et producteurs le 7 octobre n’a pas permis d’en savoir plus sur leur stratégie. La production a demandé, sans obtenir de réponse, une hausse des prix. Pour l’instant, les distributeurs semblent se préoccuper de la manière dont ils vont gérer le nouveau système de segmentation des vins. Une question taraude particulièrement Denis Verdier : que se passera-t-il pour le marché des vins de cépage classés vins de pays lorsque la mention de ces cépages pourra être apposée sur des vins de table ?

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.