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Les coopératives durement touchées par la crise économique

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La Coopération agricole demande des aides pour faire face à l’impact de la crise sanitaire et économique. Celle-ci se traduit par une baisse du chiffre d’affaires des coopératives de 28% en moyenne entre mars et mai, et des surcoûts de production, de stockage et de transport.

Dominique Chargé, le président de la Coopération agricole, a dressé le premier bilan de la crise sanitaire et économique pour ce qui concerne les coopératives agricoles françaises. Selon une enquête interne réalisée fin avril, les coopératives agricoles « ont subi une perte moyenne de 28% de chiffre d’affaires sur la période de mars à mai », a-t-il expliqué au cours d’un point avec la presse le 4 juin. Toutefois, l’enquête fait ressortir d'importantes différences de perte de chiffre d’affaires. Ainsi, « pour 27% des sondées, la perte est estimée à plus de 50% et pour 5% d’entre elles, la perte est estimée à plus de 80% ». Le secteur vinicole est plus touché que les autres avec 86% des coopératives qui attestent d’une perte de chiffre d’affaires supérieure à 50%. L’arrêt de la restauration commerciale et collective a touché durement les coopératives sans que les ventes en grande distribution compensent ces pertes.

En outre, près des trois-quarts des coopératives doivent faire face à des surcoûts liés aux nouvelles normes pour assurer la production et le transport des marchandises, ainsi que le stockage des invendus. « En moyenne, les surcoûts liés à la crise du Covid-19 représentent 0,70% du CA des coopératives pouvant aller jusqu’à 2,27% pour les coopératives d’approvisionnement, alors que le ratio Résultat d’Exploitation/CA en 2018 était de 1,28% », relève la Coopération agricole. De fait, « la rentabilité des coopératives et leur capacité à investir sont obérées par cette crise », souligne Dominique Chargé.

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Pour faire face à cette situation difficile et sans doute évolutive, la Coopération agricole a eu l’idée d’un plan de relance pour le secteur agricole et alimentaire comptant « 30 propositions autour de 4 axes stratégiques visant à restaurer la souveraineté alimentaire en France et en Europe et à accélérer les transitions agroécologiques. » Dominique Chargé préconise la création d’un « fonds de transition agroécologique, abondé par des crédits publics et des opérateurs économiques, qui permettrait de financer les filières agricoles » qui investissent dans les conversions écologiques et l'évolution des modèles de production.

L’idée d’une aide pour le secteur agricole et alimentaire est aussi préconisée par un rapport du Sénat qui recommande une enveloppe « d'au moins un milliard d'euros ». Les sénateurs proposent une « aide à la perte de production ou de chiffre d'affaires » : « Si votre chiffre d'affaires a baissé de plus de 30%, on compense la moitié de la perte », a indiqué Laurent Duplomb, sénateur LR de la Haute-Loire (et l'un des auteurs de ce rapport) qui évalue cette mesure « entre 400 et 500 millions d'euros ».