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Coopération Les coopératives invitées à participer davantage au développement international

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La participation au développement agricole dans les pays du sud n’est pas qu’une « bonne action », loin de là. Ce type d’initiative « d’altruisme intéressé » selon les termes de Jacques Attali, peut être très largement bénéfique au fonctionnement de la coop. À l’occasion d’une rencontre organisée par Coop de France et l’Afdi (Agriculteurs français développement international) le 22 novembre, le président de Coop de France, Philippe Mangin, a incité les coopératives à s’engager davantage dans l’action pour le développement agricole au sein des pays du Sud.

Laurent Jubert, ex-DG de Champagne Céréales, maintenant consultant, est catégorique : l’engagement des entreprises dans le développement agricole international est un formidable moyen de motivation des salariés et des organisations en général. Par exemple, pour attirer des recrues. Et de citer Danone dont 75% des lettres de candidatures font référence à sa branche développement, Danone Communities. Et de citer encore Bonduelle qui, naguère, abandonna le sponsoring voile pour un engagement dans le développement à Madagascar. « Les coopératives qui participent à ces projets y trouvent de grands bénéfices », insistait Laurent Jubert. « On ne va pas laisser cela à Danone et Bonduelle ! », lançait Philippe Mangin à l’issue de cette rencontre. L’année internationale de la coopération que fut 2012 devrait être l’occasion de marquer le rôle que ce type de structure peut jouer dans le développement agricole du tiers monde.

Exemples

Les exemples de projets de développement impliquant les coopératives ne manquent pas. Au Kosovo et en Macédoine, le groupe Agrial participe à une opération destinée à relever la qualité des produits laitiers des éleveurs locaux. Formation, échanges d’expérience, groupes de travail… autant d’initiatives qui visent aussi à donner aux éleveurs eux-mêmes une image favorable de leurs propres produits. En Guinée, une fédération locale (Fédération des paysans du Fouta Djallon) travaille avec des coopératives et entreprises du Nord de la France (dont Unéal, Huchette Cap Gris Nez, Jam’s) pour développer une filière d’approvisionnement et de commercialisation de trois produits, dont la pomme de terre. Autre exemple, la coopérative française Unicoque, spécialisée dans les fruits à coque, soutient la création d’une filière de noix de cajou au Bénin. Des cas qui montrent que ce qui est attendu, sur place, n’est pas tant constitué de moyens financiers que d’assistance technique et de savoir-faire. Le temps des grandes coopératives d’Etat locales y est révolu. Les structures qui naissent viennent de la base et comptent maîtriser elles-mêmes leur destin. En profitant de l’expérience acquise par les décennies de développement des coop françaises. Philippe Mangin se plaisait d’ailleurs à remarquer que des problèmes rencontrés dans le Sud (manque de leaders, problèmes de formation, conflits entre élus et salariés…) n’étaient pas très éloignés… de ceux qu’on rencontre aussi en France.

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