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Les cultures vivrières, nouveau moteur pour la Côte-d’Ivoire

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La Côte-d’Ivoire ne mise plus seulement sur les cultures de rente pour développer son économie. Au Salon de l’agriculture, le ministre de l’Agriculture et son directeur de projets ont appelé, le 2 mars, les investisseurs privés à venir construire des entreprises pour transformer les cultures de rente, mais aussi vivrières.

Les cultures de rente ne sont pas les seules cultures de la Côte-d’Ivoire à pouvoir relancer l’économie du pays. « En 2011, nous produisions 550 000 tonnes de riz blanchi (1). En 2015, nous en avons produit 1,5 million de tonnes », a présenté Nouhoun Coulibaly, directeur de la planification du contrôle des projets du ministère de l’agriculture de Côte-d’Ivoire, au Salon de l’agriculture, le 2 mars. Cette céréale est la plus consommée du pays ; la FAO (Organisation des Nations unies pour l’agriculture) chiffre la consommation annuelle de riz à 58 kg par habitant. Le développement des cultures vivrières est donc, pour la Côte d'Ivoire  un enjeu aussi déterminant que celui des cultures de rente comme le cacao. En 2011, lorsque Alassane Ouattara devient président du pays, l’objectif est de relancer la productivité de l’agriculture, notamment du secteur vivrier ; Nouhoun Coulibaly présentait un premier bilan très positif au Salon de l’agriculture tant pour les cultures de rente que pour les cultures vivrières. La filière cacao vient de se doter d’un label de qualité (lire l'encadré). Quant aux cultures vivrières, moins attendues, elles détonnent. La production de riz a plus que doublé entre 2012 et 2015 passant de 0,6 à 1,4 million de tonnes produites. Ce n’est pas un cas isolé. Le manioc bénéficie aussi d’une relance exceptionnelle avec une production qui double entre 2012 et 2015, passant ainsi de 2 à 4 millions de tonnes. Cette production élevée est liée notamment au travail de terrain des organismes de recherche. Le 2 mars, le Cirad (Centre français de recherche agronomique pour le développement) et le gouvernement ivoirien ont d’ailleurs signé une convention qui doit « formaliser » une coopération commencée il y a plusieurs années. Sangawofa Coulibaly, ministre de l’Agriculture ivoirien, a commenté : « Nous espérons ainsi tirer le meilleur de cette coopération pour développer les performances de notre agriculture. »

De l’autoconsommation à la transformation

Le pays est en train de renaître de ses cendres depuis la crise militaro-politique de 2011. Ainsi, l’essor des cultures vivrières rebat les cartes de l’industrialisation du pays. Certes, ces types de cultures sont principalement autoconsommés. Mais déjà, le ministère de l’Agriculture ivoirien s’adresse aux investisseurs étrangers, comme il l’a déjà fait avec la filière cacao, pour industrialiser localement la transformation. « Il y a d’énormes possibilités sur le vivrier », développe N. Coulibaly. La Côte-d’Ivoire entend bien attirer des investisseurs privés pour faire « de la valeur ajoutée ». « Il s’agit maintenant d’encourager tous les privés à venir construire des entreprises », explique-t-il. Cacao, manioc, riz… l’agriculture ivoirienne semble prête à alimenter des industries de transformation et ce, « grâce aux petites et aux grandes exploitations », a précisé le ministre de l’Agriculture de la Côte-d’Ivoire.

(1) Le riz blanchi est le riz paddy (riz juste après la récolte) dont on a retiré le son et le germe.

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N. Coulibaly : « Il y a d'énormes possibilités sur le vivrier. »

La filière cacao ivoirienne se dote d’un label de qualité « Cacao ivoirien »

Le 2 mars, le ministre de l’Agriculture ivoirien Sangawofa Coulibaly a annoncé la création du label Cacao ivoirien. Ce projet a été adopté en Conseil des ministres ivoiriens, le 24 février dernier. L’objectif est d’officialiser la qualité « du travail des producteurs ivoiriens de cacao ». En outre, le ministre a assuré la traçabilité et le suivi du cacao depuis les plantations. Ce label est aussi censé rémunérer cette qualité. Des bonus devraient être payés aux plantations bénéficiant du label. Pour rappel, la Côte-d’Ivoire est le premier producteur et transformateur mondial de cacao.