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Coopératives Les Cuma de plus en plus vecteurs de projets entre agriculteurs

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À l’heure où l’instabilité sur les marchés agricoles est grandissante, et où les mesures environnementales en agriculture pourraient être davantage soutenues par l’Etat, les agriculteurs se serrent les coudes. De fait, les activités des coopératives d’utilisation du matériel agricole (Cuma), accompagnant les évolutions de l’agriculture depuis 1945, se sont élargies. L’idée de la « coopération agricole de production », au sens de la mise en commun des forces de travail autour d’un projet, était d’ailleurs le thème du colloque organisé par la Fédération nationale des Cuma (FNCuma) le 4 décembre à Montrouge. L’occasion, aussi, pour le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, de s’exprimait sur le sujet.

«Il faut remettre au goût du jour la notion de travail en commun, d’échanges, pour dessiner l’avenir de nos territoires », déclare Stéphane Gérard, président de la FNCuma. C’est à l’occasion d’un colloque sur le thème « Coopération agricole de production », le 4 décembre à Montrouge, que Stéphane Gérard s’est exprimé. Il y défendait les associations entre agriculteurs pour faire émerger de nouveaux projets, ou tout simplement faire face aux nouvelles problématiques du métier. Les Cuma, mais aussi les Gaec, ont ainsi fait la preuve de leur souplesse face aux évolutions du monde agricole, avec notamment la création des Cuma d’utilisation de l’informatique, d’abattage de volailles ou encore de séchage des céréales.

Des associations porteuses de projets sur les territoires

« La coopération, au sens large, est moderne et constitue une alternative au capitalisme », déclarait Stéphane Gérard. Selon lui, les partenariats permettent de faire avancer l’agriculture grâce à un raisonnement collectif. Ces groupements sont de véritables laboratoires à idées, assure-t-il. Il a aussi salué la diversité des modèles et des raisons d’association entre agriculteurs. Même constat du côté du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui soulignait l’importance des interconnexions en agriculture, ainsi que de la mutualisation du matériel. Selon lui, ces modèles ont des effets positifs sur la flexibilité des exploitations agricoles. Une capacité d’adaptation que le ministre veut mettre à profit. En effet, regrettant que les règles liant productions agricoles et environnement aient été fixées au niveau des exploitations, Stéphane Le Foll a expliqué qu’il fallait repenser le système en prenant en compte l’implication de l’exploitation dans la dynamique de son territoire. Il a aussi précisé que, selon lui, les agriculteurs étaient les plus à même de maîtriser les dispositifs environnementaux.

Une dimension collective majeure dans l’écologie

« Il y a un intérêt global des démarches collectives », déclarait le ministre de l’Agriculture, expliquant que les Cuma avaient un rôle plus large que la seule mise en commun du matériel. À ce sujet, Stéphane Le Foll a indiqué qu’au niveau des règles environnementales, il souhaitait passer d’un système de contrôle à un système de contrat d’objectifs à atteindre collectivement par les agriculteurs sur leur territoire. Les Cuma sont déjà impliquées dans des projets environnementaux, comme l’achat collectif de méthaniseurs, et elles souhaitent poursuivre cette dynamique. Cependant, Stéphane Gérard regrette « les signaux faibles » du gouvernement en leur faveur. Ce à quoi Stéphane Le Foll répond « réforme de la fiscalité ». Un premier pas a été fait, avec une proposition d’amendement réformant le régime des déductions pour investissements (DPI) et dotations pour aléas (DPA) au sein du projet rectificatif de loi de finance 2012. Mais, pour aller plus loin, le ministre souhaite qu’une démarche de reconnaissance des actions collectives pour la diffusion des nouvelles techniques soit mise en place. Selon lui, la prise de risque est plus acceptable collectivement que seul. Enfin, pour Stéphane Le Foll, « les Cuma sont au cœur du débat agronomie et écologie ». Il a d’ailleurs indiqué travailler sur la loi d’avenir agricole pour élargir les partenariats des Cuma avec les collectivités locales, afin de mettre en place, notamment, des circuits court d’approvisionnement pour les cantines ou des contrats d’entretien de la voirie.

 

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