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Viticulteurs Les droits de plantation viticoles pris dans le calendrier électoral

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Le calendrier électoral s’invite dans les négociations sur les droits de plantation. Celles-ci se déroulent actuellement sur le terrain des collectivités locales, comme l’a montré une réunion régionale de mobilisation des parlementaires et élus locaux, qui s’est tenue le 6 février à Angers.

Le 6 février à Angers, la Confédération nationale des vins AOC (Cnaoc) organisait, conjointement avec son homologue européen l’Efow et la Confédération des vignerons du Val de Loire (CVVL), une réunion de mobilisation des parlementaires et élus locaux, pour les sensibiliser sur la menace que ferait courir une abolition des droits de plantation viticoles.

Un calendrier serré
L’objectif est de parvenir, d’ici aux élections présidentielles, à obtenir du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire qu’il s’implique à Bruxelles auprès des États membres encore indécis, pour le maintien des droits de plantation. « Le calendrier est très serré. Il faut que nous obtenions la majorité qualifiée des ministres de l’Agriculture de l’UE avant les élections présidentielles », a indiqué Pascal Bobillier Monnot, directeur de la Cnaoc.
Autre échéance déterminante : fin 2012, « une date qui nous obsède », le Parlement européen et le Conseil des 27 voteront formellement sur la Pac à mener à partir de 2014.
Pascal Bobillier Monnot s’est exprimé au Salon des vins de Loire devant une quinzaine d’élus locaux : maires, représentants de régions, (comme Marie-Madeleine Mialot, vice-présidente de la région Centre) et de départements, et de députés (dont Serge Poignant, président de la commission économique de l’Assemblée nationale).
Cette réunion d’élus n’était pas la première, ni la dernière. Cette campagne à l’échelon territorial se déroule depuis octobre et devrait s’achever en février Les précédentes ont eu lieu à Bordeaux, dans les côtes du Rhône, en Languedoc-Roussillon. La prochaine réunion de ce genre devait se tenir le vendredi 10 février à Beaune et le 13 sur le terroir du champagne.
L’Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) a recueilli 1 100 signatures de conseils municipaux opposés à la libéralisation. Certaines villes, comme Épernay dans la Marne, ont fait figurer sur leur site Internet une déclaration contre la libéralisation des plantations.

« La partie n’est pas gagnée »
Pourquoi se mobiliser, alors que le commissaire européen à l’Agriculture Dacian Ciolos a accepté que l’UE rouvre le débat sur les droits de plantation, à la demande de 13 États membres, bien qu’il avait été tranché par la Commission en 2008 dans le sens de l’abolition et de la libéralisation des plantations ? « Tout le monde est d’accord sur la thématique de la régulation, mais si vous regardez concrètement, vous ne verrez pas d’outils proposés », a prévenu le selon le dirigeant de l’organisation des AOC viticoles françaises. Mais surtout, « la partie n’est pas gagnée », parce qu’il est « toujours difficile de revenir sur une décision prise ». De plus, la Commission ne veut pas entendre parler d’une remise en cause de la libéralisation du secteur viticole, y voyant un précédent qui pourrait remettre en cause les orientations décidées quant aux quotas laitiers et sucriers.
Il manque encore 54 voix au Conseil pour que les opposants à l’abolition des droits de plantation obtiennent la majorité qualifiée. Les 13 États qui se sont prononcés pour le maintien totalisent 201 voix sur 255 nécessaires. Les professionnels cherchent à rallier les derniers pays producteurs de vin encore hésitants (Slovénie, Bulgarie et Malte) et à obtenir le soutien de pays agricoles non producteurs de vin (Pologne, Belgique, Finlande, Lituanie, producteurs de lait et sucre, qui peuvent avoir intérêt à s’opposer à la libéralisation de ces secteurs).

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