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Réforme de la Pac Les éleveurs allaitants de montagne, gagnants de la nouvelle Pac

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Les éleveurs de races à viande du Massif Central semblent confiants sur la répartition des aides couplées. De leur côté, les producteurs de lait demandent une revalorisation de l’enveloppe pour la prime à la vache laitière.

«Nous attendons toujours une confirmation de l’enveloppe des Primes de maintien au troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) », explique Bastien Bernard, conseiller spécialisé en élevage allaitant au CER (Centre d’économie rurale) du Puy-de-Dôme (63). Si le montant global de l’enveloppe des aides couplées est connu (982 millions d’euros par an sur la période 2014-2020), sa répartition entre les filières l’est moins. 705 millions d’euros seraient consacrés au couplage viande bovine dans le scénario actuel. Bastien Bernard se fait peu d’inquiétudes pour la filière des bovins allaitants. D’autant que « l’enveloppe annuelle globale pour les aides couplées augmente », poursuit-il. Et malgré la création de nouvelles aides couplées (vache laitière, engraissement notamment), la répartition de l’enveloppe devrait rester favorable aux éleveurs de vaches allaitantes bénéficiaires de la PMTVA. Ces derniers attendent néanmoins une confirmation du montant qui doit leur être alloué. Concernant les conditions d’attribution, Bastien Bernard précise qu’elles seront modifiées. Ainsi, les éleveurs souhaitant bénéficier du soutien couplé devront « justifier d’un niveau de productivité ». Concrètement, les animaux primés devront répondre à un ratio minimum de veau par vache allaitante. « Les aides seront davantage liées à l’acte de production », poursuit le conseiller.
 
Les éleveurs laitiers demandent une rallonge
De leur côté, les éleveurs laitiers demandent une augmentation de l’enveloppe consacrée à la prime à la vache laitière, qui se chiffre pour l’instant à 120 millions d’euros. C’est ce qu’ils ont demandé mercredi 30 octobre lors d’une réunion du groupe technique sur le couplage des aides consacrée à l’élevage laitier. La réunion devait définir d’éventuels ciblages (selon les zones, les systèmes, ou encore des plafonds ou des planchers). « Mais avec 120 million d’euros, il n’y a pas de ciblages possibles », tranche André Bonnard, trésorier de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Si les enveloppes ne doivent pas être à l’ordre du jour des réunions techniques mais décidées au ministère, la FNPL demande 180 millions d’euros pour les vaches laitières, comme le proposait un scénario du dernier Conseil supérieur d’orientation. « Si le budget évolue, il y aura matière à discuter d’un ciblage », ajoute-t-il. Les Jeunes agriculteurs ont par exemple demandé un ciblage vers les jeunes installés, et la Confédération paysanne un plafonnement des aides.
 
Revalorisation des ICHN
Concernant les Indemnités compensatoires pour les handicaps naturels (ICHN), « en zone de montagne, c’est plutôt favorable, assure Bastien Bernard, l’enveloppe sera revalorisée de 15% dès 2014 ». Il prend l’exemple d’une exploitation représentative du Massif Central de 100 hectares avec un cheptel de vaches allaitantes de 40 têtes. « En 2013, l’éleveur touchait 8 500 euros chaque année au titre de l’ICHN. Sur la période 2014-2020, il touchera 9 775 euros chaque année », analyse-t-il. Autre point : la prime à l’herbe doit être supprimée. Mais dès 2015, les nouvelles ICHN seront revalorisées de 70 euros par hectare pour compenser la fin de la prime à l’herbe. Sur l’éligibilité aux ICHN, tous les éleveurs du Massif Central ne seront pas logés à la même enseigne. « Il y a un risque de remise en question des ICHN pour les éleveurs des côteaux et du piémont », explique Bastien Bernard. Même différence pour l’attribution des aides directes. En 2013, les éleveurs des zones moins défavorisées (côteaux et piémont) touchent 300 à 330 euros par hectare alors que la moyenne nationale est de 268 euros par hectare. Leurs aides directes devraient donc être revues à la baisse. « Au contraire, les éleveurs dans la zone de montagne ne touchent en 2013 que 180 euros à l’hectare », ajoute-t-il. Globalement, la déclinaison de la Pac à l’échelle nationale devrait être « plutôt favorable » à l’élevage du Massif Central, cœur du bassin allaitant en France. Bastien Bernard rappelle que 70% des éleveurs de la Région sont situés en zone de montagne contre 30 à 40% en zone moins défavorisées.

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