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Fièvre catarrhale ovine Les éleveurs dénoncent les pratiques des vétérinaires

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Les éleveurs accusent les services vétérinaires de mettre à mal la campagne de vaccination contre la fièvre catarrhale ovine en interdisant les producteurs de vacciner eux-même leurs animaux. La fédération nationale des groupements de défense sanitaire demande au ministre de trancher entre l’obligation de vaccination ou la liberté pour les éleveurs de pratiquer le traitement de leurs troupeaux.

Lors de l’assemblée générale de la FNGDS (Fédération nationale des groupements de défense sanitaire) le 10 avril, les éleveurs ont fait état de leurs inquiétudes sur la bonne marche de la campagne de vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Les éleveurs français sont fortement touchés par cette épizootie, considérée comme la plus importante crise sanitaire des cinquante dernières années. Deux souches (sérotype) du virus ont été identifiées en France. Aujourd’hui la vaccination contre le sérotype 1 est obligatoire et celle contre le type 8 est facultative. Pour limiter au plus vite la progression de la maladie, les éleveurs veulent pouvoir vacciner eux-mêmes leurs animaux sous le contrôle du praticien. Une requête que les vétérinaires leur refusent, alors que pour d’autres actes sanitaires équivalents ce droit leur est accordé. « Le problème n’est pas doctrinal,a lancé Marc Gayet, président de la FNGDS, la question est d’abord pratique : il faut réussir dans des délais très brefs la campagne de vaccination de masse ».

Le ministère doit trancher

Certains éleveurs ont même dénoncé des ententes sur les prix de la part des vétérinaires en région qui auraient doublé leurs tarifs ces derniers mois. Or, la Commission européenne finance à 100 % le coût du vaccin mais à seulement 50 % celui de l’opération de vaccination. Ces augmentations sont difficiles à digérer par des éleveurs déjà fortement touchés par les pertes importantes subies dans les troupeaux. Pour le secrétaire général de la FNGDS, Michel Combes, l’État doit prendre une décision : « Soit en rendant obligatoire la vaccination contre le sérotype 8 du virus, auquel cas ce sont les vétérinaires qui seraient en charge de l’acte de vaccination avec un encadrement tarifaire ; soit en autorisant les éleveurs à le faire eux-mêmes ».

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Résoudre le problème à l’echelle locale

« La vaccination est un acte vétérinaire, il revient donc au praticien de la réaliser », a précisé le directeur de la DGAL (Direction générale de l’alimentation), Jean-Marc Bournigal. « Pour l’instant nous vaccinons dans un ordre logique car nous n’avons pas encore les moyens, faute de vaccin, (l’intégralité des doses ne sera disponible qu’en septembre) de traiter tous les animaux », a souligné Jean-Marc Bournigal. « L’année prochaine, les vaccins seront disponibles et je souhaite que la vaccination soit rendue obligatoire pour ne pas retomber dans la même situation ». Marc Gayet a demandé à l’Ordre des vétérinaires de transmettre rapidement à leurs services départementaux un courrier d’autorisation pour laisser aux éleveurs le droit de pratiquer les vaccinations. « Sinon il appartiendra à l’État de tirer les conséquences de l’échec », a-t-il ajouté.