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Elevage Les éleveurs à la recherche de tous les leviers pour faire face à la sécheresse

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Bruno Le Maire a confirmé le paiement anticipé, le 15 septembre, de 30% du Fonds national de gestion des risques en agriculture (200 millions d’euros) aux éleveurs touchés par la sécheresse. Mais cette mesure ne suffira pas. D’autres solutions sont en discussion au sein du Comité sécheresse comme l’importation de paille depuis l’Espagne par voie fluviale.

Bruno Le Maire, qui a réuni mercredi 15 juin le Comité national de l’assurance en agriculture, a confirmé qu’un premier acompte de 30 % du Fonds national de gestion des risques en agriculture (anciennement Fonds national de gestion des calamités agricoles) serait versé à partir du 15 septembre aux éleveurs les plus touchés par la sécheresse. Seuls les éleveurs seront indemnisés puisque les producteurs de grandes cultures ont accès pour leur part au système d’assurance. Pour être indemnisés, les éleveurs devront faire valoir des pertes du revenu brut de leur exploitation de 30 % au moins. Environ 65 départements seraient concernés. Une première salve de dossiers, en provenance des directions départementales de l’agriculture, sera examinée le 12 juillet. Les autres le seront d’ici le 25 août. Mais cette mesure ne permettra pas de couvrir toutes les pertes des éleveurs car même si le ministère de l’Agriculture ne veut pas encore évaluer le coût global des conséquences de cette sécheresse, il dépassera les 200 millions d’euros du fond de calamité.
« Selon les dernières prévisions, les éleveurs vont devoir dépenser 2 milliards d’euros supplémentaires pour nourrir leurs troupeaux et poursuivre leur activité professionnelle », souligne la Confédération paysanne.

De la paille espagnole par voie fluviale

Le comité sécheresse qui a tenu jeudi 16 juin sa réunion hebdomadaire au ministère de l’Agriculture planche donc sur d’autres solutions. En plus de trains prévus pour le transport de la paille entre régions céréalières et régions d’élevage (10 rames avec une rotation par semaine) et l’aide de l’armée (pour le transport sur de courtes distances et le stockage), le transport par voie fluviale est envisagé notamment pour remonter de la paille depuis l’Espagne qui a été épargnée par la sécheresse. « Ce système permettrait d’alimenter la façade Ouest de la France », espère Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA. La tonne de paille pourrait être achetée 45 euros en « bout de champs ». Le coût du transport pourrait être assez faible compte tenu des très gros volumes transportés par voie fluviale (environ 5 000 t par péniche).
Mais pour la Confédération paysanne, toute la paille nécessaire était disponible en France. « Il suffisait de se donner les moyens d’aller la chercher » en publiant un arrêté contre le broyage des pailles, estime le syndicat dans un communiqué du 16 juin. « Les demandes formulées sont actuellement de 1,7 million de tonnes de paille. Seules 220 000 tonnes ont été contractualisées : nous sommes loin du compte alors que la production de paille est voisine de 17 millions de tonnes », estime la Confédération paysanne. Le syndicat plaide plutôt pour que les chambres d’agriculture organisent seules la bourse d’échange des pailles.

Attention à la PMTVA

Autre inquiétude des éleveurs : la baisse de la PMTVA (Prime au maintien du troupeau de vache allaitante) qui pourrait toucher ceux d’entre eux amenés à abattre une partie de leur troupeau faute de nourriture. La FNSEA demande à ce que le niveau de cette PMTVA soit maintenu malgré la réduction du cheptel. « Pour l’instant nous ne sommes pas entendus, on nous répond que la sécheresse n’est pas un cas de force majeure et qu’il est difficile de savoir si les éleveurs abattent leurs animaux faute de fourrages ou de trésorerie », indique Daniel Prieur.
Enfin, la FNSEA appelle à un doublement du plafond des minimis (qui fixent un niveau maximal d’aides au exploitations) pour que les soutiens apportés aux éleveurs par les collectivités territoriales ne pénalisent pas les éleveurs à l’arrivée.

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