La lutte contre la faim dans le monde par l'amélioration de la production agricole dans les pays pauvres dépend en partie d'une réforme des politiques agricoles et des systèmes alimentaires des pays développés qui doivent tenir leurs engagements internationaux en la matière, estime le rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter.
LE rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter, se montre particulièrement sévère, dans son rapport de fin de mandat présenté le 10 mars à Genève, sur l'absence de suivi sur le terrain des engagements pris par les Etats dans les enceintes internationales pour assurer la sécurité alimentaires des pays les plus pauvres. « On ne fait pas assez confiance à l'agriculture paysanne pour répondre aux défis alimentaires », souligne Olivier de Schutter, et de nombreux Etats continuent « de privilégier les cultures de rente pour satisfaire les marchés internationaux ». L'amélioration des volumes de production agricole est allée de pair avec « la spécialisation régionale dans une gamme de produits relativement étroite », en premier lieu céréales et soja, et les cultures destinées aux biocarburants, « au bénéfice des grands propriétaires terriens et des grandes unités de production », écrit-il. Alors que, selon lui, certaines formes de développement agricole peuvent combiner l'augmentation de la production, le souci de durabilité, l'adoption de mesures rigoureuses de lutte contre les modes de consommation non viables, et ainsi contribuer fortement à la réduction de la pauvreté. « Les gouvernements pourraient atteindre cet objectif s'ils soutenaient résolument les petits producteurs de denrées alimentaires en mettant à leur disposition des moyens publics de formation, de stockage et de liaison avec les marchés, et de diffusion de modes de production agroécologiques », estime-t-il. Pour reconstruire les systèmes alimentaires locaux dans les pays en développement, il faut donc également réformer les systèmes alimentaires des pays riches.
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L'élimination de la faim et de la malnutrition reste un objectif réalisable, pour Olivier De Schut-ter. Il préconise la mise en place d'un système de gouvernance à trois étages : depuis le local (lever les obstacles techniques), en passant par le national (définir des politiques cohérentes entre les secteurs), jusqu'à l'échelon international (où doivent être créées « des conditions internationales favorables » qui soutiennent les efforts fait aux niveaux local et national).