Les prestations complètes ont la cote auprès des cultivateurs, selon une enquête réalisée auprès des ETA (entreprises de travaux agricoles). Autre enseignement, les entrepreneurs apparaissent en pointe dans l’agriculture de précision.
Plus de la moitié des entrepreneurs (54 %) déclarent réaliser ce service de A à Z, depuis le semis jusqu’à la récolte, a révélé le 9 juillet leur fédération (FNEDT), d’après une enquête du cabinet ADQuation. Une proportion en nette hausse puisqu’ils n’étaient qu’environ un tiers (34 %) dans le même cas en 2013. Parmi les ETA concernées, les prestations complètes représentent en moyenne 32 % de leur chiffre d’affaires (contre 25 %). Près d’1 sur 2 (45 %) envisage de développer cette activité dans les cinq années à venir. Quant aux entrepreneurs ne réalisant pas de prestations complètes, un quart d’entre eux projettent à cinq ans d’en commercialiser.
« Les agriculteurs sont soumis à des obligations de plus en plus fortes en termes de respect de l’environnement, de santé/sécurité des travailleurs, de gestion », commente Gérard Napias, président de la FNEDT, cité dans un communiqué. « Ils recherchent la simplicité technique et juridique, avec des risques minimisés. » D’après l’enquête, ceux qui ont recours aux prestations complètes « ne veulent pas prendre de risques techniques » jugent 79 % des ETA sondées. Une même proportion estime qu’ils « ne veulent pas prendre de risques juridiques ». Par ailleurs, l’étude montre que 42 % des entrepreneurs effectuant ce service de A à Z interviennent dans le choix des intrants (semences, engrais, phytos) utilisés par l’agriculteur.
Réaliser des prestations complètes soulève quelques préoccupations chez les ETA. Les principaux motifs d’inquiétude sont d’ordre économique (47 %). Cela concerne d’une part, un manque de rentabilité de cette activité lié à l’augmentation des charges, d’autre part, une baisse du revenu des agriculteurs (pour 14 % des sondés). Les aspects réglementaires (21 %) arrivent ensuite. Exemple de propos recueillis par ADquation : « L’évolution de la législation sur l’emploi des phytos me préoccupe, notamment parce qu’elle implique une responsabilité grandissante des ETA qui les pulvérisent » ; « l’augmentation perpétuelle du coût des machines », non répercutée sur les clients, qui « remet en cause la pérennité de nos entreprises ».
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80 % des ETA pratiquent l’agriculture de précision
La FNEDT souligne par ailleurs comment les entrepreneurs se montrent en pointe dans l’agriculture de précision, chapitre supplémentaire par rapport à l’étude de 2013. 80 % des ETA utilisent au moins une des techniques correspondantes. Il s’agit d’abord des capteurs de rendement à la récolte (49 %), pneus basse pression (49 %), cartographie par GPS (42 %). Viennent ensuite la modulation des engrais (25 %), des semis (24 %), les systèmes de gestion de chantier (22 %). Les projections à cinq ans font ressortir qu’environ deux tiers des entrepreneurs (64 %) utiliseraient des capteurs de rendement, la cartographie par GPS, et pour 59 % d’entre eux les pneus basse pression. Environ un sur deux serait concerné par la modulation des engrais (54 %), le désherbage mécanique de précision (49 %), la modulation des semis (48 %).
Une attente de « simplicité technique et juridique, avec des risques minimisés »