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Elevage Les équarrisseurs se disputent les animaux de neuf départements

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Avec le désengagement de l'Etat, le secteur de l'équarrissage des animaux est devenu en moins de 10 ans un vrai business. Saria, leader français du secteur, a engagé une action en justice pour contester la perte de neuf départements. Une première audience est prévue le 14 janvier au tribunal de commerce de Paris.

«Le groupe Saria France revendique le droit de continuer à collecter les cadavres des animaux morts en ferme dans neuf départements dont il n'a plus la charge depuis le 1er janvier 2014 », selon un communiqué de la coordination des ATM (responsables d'animaux trouvés morts), le 8 janvier. Les contrats relatifs à la nouvelle attribution des marchés de l'équarrissage avaient pourtant été signés entre le groupe des ATM et les prestataires d'équarrissage Atemax, Saria France, Monnard Jura et Sopa. Saria a perdu la majorité absolue des tonnages d'animaux morts collectés, mais en conserve 49% sur le territoire national. « Le groupe Saria n'accepte pas de perdre un monopole car il a refusé de baisser les prix au moment des négociations », a estimé Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB (Fédération nationale bovine), lors d'une conférence à Paris, le 8 janvier. Le groupe des ATM affirme que la procédure utilisée pour l'attribution des nouveaux contrats a respecté les règles de droit applicables et est valide.

Désengagement de l'Etat

« Entre 2005 et 2009, l'équarrissage était un service public géré par l'Office de l'élevage et FranceAgriMer », rappelle Guillaume Roué, président d'Inaporc (interprofession porcine). Ce n'est que depuis 2009 que l'Etat a commencé à se désengager laissant le marché de l'équarrissage entrer progressivement dans l'économie de marché. Ce marché est alors géré par les associations ATM qui se mettent en place dans les différentes filières animales (ruminants, volaille, porc, palmipède gras, lapin, chevaux). En 2013, les ATM décident de « basculer le marché de l'équarrissage sur une procédure privée ». Les négociations entre les prestataires privés ont conduit à une nouvelle répartition du marché de l'équarrissage que conteste Saria.

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en moins de dix ans, les animaux morts et les déchets animaux sont devenus de véritables gisements. « Le prix du kilo de peau de veau est plus cher que le kilo de viande de veau », relève Yves Berger, directeur général d'Interbev (interprofession bétail et viandes). Pour rappel, en 2013, le marché de l'équarrissage représentait 120 millions d'euros hors taxe dont 85 millions d'euros pour la filière ruminants et 20 millions d'euros pour la filière porcine.