Le Comité des négociations commerciales de l’OMC a convenu le 16 novembre de reprendre les négociations techniques. La représentante américaine pour le commerce, Susan Schwab, vient toutefois d’énoncer une nouvelle fois ses conditions pour un déblocage politique du cycle de Doha, notamment des baisses plus fortes des tarifs agricoles européens ainsi que du soutien interne de l’UE mais aussi des… Etats-Unis.
Depuis la suspension des pourparlers multilatéraux, fin juillet, Pascal Lamy, le directeur général de l’organisation mondiale, explique qu’il y a, selon lui, une « fenêtre de tir » entre mi-novembre, après les élections mi-mandat aux Etats-Unis Voir n° 3079 du 13/11/06, et mars prochain pour relancer le processus. Le sommet annuel du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), prévu les 18 et 19 novembre à Hanoi, devait d’ailleurs lancer un appel urgent au compromis pour tenter de débloquer le cycle de Doha.
Selon M. Lamy, qui participait à une réunion ministérielle de préparation de ce sommet, tous les 21 pays membres de l’Apec « ont exprimé un sentiment d’urgence » sur la relance de ces négociations.
Les Américains ne veulent pas être les seuls à « faire un geste »
« Pendant des mois, il y a eu des spéculations selon lesquelles les résultats des élections américaines pourraient modifier les perspectives du cycle de Doha – soit en permettant d’une certaine manière aux Etats-Unis d’améliorer unilatéralement leur offre ou, dans le cas d’une victoire des Démocrates, en limitant la flexibilité de l’administration Bush. Ni l’un ni l’autre de ces scénarios n’avaient de sens, et maintenant que le scrutin est passé, les Etats-Unis sont aussi déterminés que jamais à aller de l’avant », écrit Susan Schwab, la représentante américaine pour le commerce, dans un article publié le 9 novembre par le Wall Street Journal.
« La vraie question, maintenant, est de savoir si les autres membres de l’OMC peuvent accepter de baisser suffisamment leurs barrières commerciales », poursuit-elle toutefois. « Les propositions agricoles actuelles de l’Union européenne et de groupes comme le G-10, le G-20 et le G-33 sont soit trop vagues soit assorties de trop d’exemptions pour assurer de nouvelles et réelles ouvertures du marché (...) Soyons clairs : nous ne réussirons pas si la majorité des membres de l’OMC attend qu’un seul d’entre eux – les Etats-Unis – fasse encore un autre geste unilatéral, sans espoir raisonnable que les autres bougent en tandem avec une ambition comparable ».
Une réelle ouverture du marché pour les produits sensibles
« Pour surmonter le blocage actuel, nous avons besoin d’engagements qui aillent au-delà des positions actuelles dans quatre domaines clefs », écrit encore Mme Schwab :
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– « des améliorations notables du côté l’UE, du Japon et des autres pays du G-10 en ce qui concerne les baisses des tarifs agricoles, avec un accès au marché réellement nouveau pour les « produits sensibles » qui sont exemptés des diminutions complètes des droits de douane ;
– des baisses plus fortes des tarifs agricoles du côté des principaux pays en développement, avec un accès significatif au marché de leurs « produits spéciaux » protégés ;
– des réductions plus fortes du soutien agricole qui fausse les échanges de la part de l’UE et des Etats-Unis ;
– et des baisses des tarifs industriels que les pays développés et les principaux pays en développement appliquent aujourd’hui, au moins pour un nombre significatif de produits ».