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Etats-Unis Les Etats-Unis veulent instaurer des « quotas laitiers »

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Le comité sénatorial sur l’agriculture a voté à la majorité la nouvelle politique agricole américaine (Farm Bill). Ce texte de loi met en place une gestion des volumes administrée par le ministère américain de l’agriculture. Ce système de « quota » ne sera appliqué qu’aux éleveurs qui souhaiteront profiter par ailleurs des aides directes versées lorsque le prix du lait menace la rentabilité des fermes américaines. Mais avant même son adoption définitive, cette loi provoque déjà la colère des industriels qui y voient une barrière à leurs ambitions exportatrices.

La nouvelle version de la politique agricole américaine a été votée par une large majorité au comité sénatorial sur l’agriculture. Revu tous les 4 ans, le Farm Bill encadre l’ensemble de l’activité agricole américaine. Cette version 2012 apporte une petite révolution dans la filière laitière américaine. Tandis que l’Europe se prépare à la libéralisation du marché en 2015 par l’arrêt des quotas, les Etats-Unis semblent au contraire vouloir instaurer une politique de contrôle des volumes. Le pays souhaite profiter de l’émergence de nouveaux bassins de consommation, tant en Asie du Sud-Est, qu’en Amérique du sud. Mais plutôt qu’une filière qui gère directement les volumes par des discussions entre transformateurs et éleveurs, les Etats-Unis préfèrent encourager une maîtrise de la production administrée au niveau national.

Aides directes et plafonnement des volumes

Pour cela, le Farm Bill met en place un système d’aides directes, couplé à un contrôle de la production. En clair, lorsque les coûts de l’alimentation animale se rapprocheront trop du prix du lait payé aux producteurs, l’USDA (ministère américain de l’Agriculture) versera des primes aux producteurs via le Dairy Producer Margin Protection. Ainsi, l’éleveur laitier aura une garantie de revenu d’au moins 4$ par 100 livres de lait. Mais, en contrepartie, le producteur devra se soumettre aux Dairy Market Stabilization. Cette mesure contraint l’éleveur à limiter sa production tant que le marché ne s’est pas redressé. Ce processus permettra à la fois d’encourager les éleveurs à produire du lait pour satisfaire la demande internationale, tout en limitant naturellement leurs productions lorsque l’équilibre offre/demande se renversera. Néanmoins, malgré ce système de plafonnement, ce Farm Bill présente une différence importante avec les quotas laitiers qui sont en place dans l’Union européenne. Seul le volontariat permettra aux éleveurs de profiter des aides du Dairy Producer Margin Protection et de se soumettre par conséquent à la régulation du marché. Une mesure contestée par les industriels
Cette loi provoque déjà la colère des Américains, comme l’explique Ralph Ichter, consultant aux Etats-Unis pour les organisations agricoles françaises. Si le système d’aides pour maintenir les marges est plébiscité, la gestion de l’offre a été immédiatement dénoncée par les transformateurs. « Il y a une opposition farouche des industriels qui ont peur que cela fasse monter les prix », explique Ralph Ichter. Il apporte en outre une nuance à ces quotas à l’américaine. Non seulement l’éleveur pourra refuser de toucher les aides pour ne pas se soumettre au contrôle de l’offre, mais il pourra également choisir de toucher les aides, mais de payer des pénalités de dépassements pour s’affranchir des plafonds imposés par l’USDA. Enfin, cette mesure risque de bloquer trop rapidement la production américaine, et donc de brider ses ambitions exportatrices, assure Ralph Ichter. « Les Etats-Unis exportent aujourd’hui 15% de leur production laitière (contre 6% en 2009, selon l’USDA), et elle compte encore augmenter ce ratio en visant les marchés émergents!», rappelle-t-il.

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