La procédure d’urgence choisie par la Commission de Bruxelles pour venir en aide à la filière volaille doit permettre l’adoption des décisions d’autorisation des mesures de soutiens financiers cofinancés par l’Europe à partir du mois de mai. Pour cela, la Commission européenne préparera, dès les premières requêtes formulées par des Etats membres, les modalités d’application de l’OCM œufs et volaille modifiée, et ce avant même l’adoption formelle par le Conseil agriculture du 25 avril. Dans le même temps se multiplient les demandes auprès de la Commission pour le lancement d’une campagne communautaire de promotion pour les produits avicoles.
Il faut montrer aux citoyens européens que l’Union européenne peut agir vite dans les situations de crise », a défendu Joseph Daul, le président de la commission Agriculture du Parlement de Strasbourg devant la plénière, le 4 avril, avant le vote à l’unanimité en faveur de la procédure d’urgence réclamée par la Commission de Bruxelles pour venir en aide à la filière avicole frappée par la crise de la grippe aviaire.
Les députés, qui devaient adopter, le 6 avril, la modification à proprement parler de l’Organisation commune de marché œufs et volailles proposée par Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’Agriculture, allaient selon toute vraisemblance faire le nécessaire pour permettre un déblocage rapide des fonds aux producteurs mis à mal par la baisse de la consommation.
Dizaine de millions d’euros
Cette décision devait ouvrir la voie à une adoption de la modification de l’OCM par le Conseil, le 25 avril, après son examen, en Comité spécial agricole, le 10 avril prochain. D’ici là, la Commission européenne va sonder de façon informelle les Etats membres, le 7 avril, en Comité de gestion volaille, pour savoir quel type d’aides ils ont l’intention de réclamer. Ce qui la mettra en position de rédiger rapidement les modalités d’application par Etat membre demandeur, au cours du mois de mai. Elle devrait aussi saisir l’occasion pour expliquer quelle sera sa ligne de conduite dans l’examen des dossiers dont les montants pourraient s’élever à plusieurs dizaines de millions d’euros dans certains Etats membres, comme la France.
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D’ores et déjà, lors des discussions avec les députés européens, la Commission a redit sa préférence pour les mesures qui visent l’amont de la filière et qui sont à même de réduire temporairement la surproduction. « Casser » des œufs chez les accouveurs et augmenter les durées de vide sanitaire chez les producteurs sont les deux voies qu’elle va privilégier. Sa réticence pour des aides au stockage privé reste vive. Même si elle reconnaît s’interroger sur la démarche à suivre pour régler le problème des stocks de volailles congelés pesant sur le marché, près de 300 000 tonnes.
« Pas être trop interventionniste »
Outre une aide exceptionnelle cofinancée par l’Europe, les députés de la commission Agriculture ont réclamé à l’exécutif communautaire d’engager rapidement des actions de communication pour regagner la confiance des consommateurs dans la viande de volaille. Malgré leur vote, les députés sont divisés entre ceux, favorables à une aide à 100% aux producteurs, et d’autres qui estiment que l’Europe « ne doit pas être trop interventionniste » et qui regrettent que la procédure de comitologie suivie par les demandes des Etats membres ne leur permette pas d’intervenir pour en limiter la portée.