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Prix des matières premières agricoles Les eurodéputés pressent la Commission d’intervenir

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Les députés européens devaient adopter, le 25 octobre, une résolution visant à faire pression sur la Commission de Bruxelles pour qu’elle prenne des mesures en faveur des consommateurs et des agriculteurs affectés par la hausse des cours des matières premières agricoles. Ils demandent notamment des avances de paiements pour les éleveurs et une enquête sur les pratiques de la grande distribution.

Pour Joseph Daul, président du principal groupe parlementaire de l’Assemblée européenne (PPE), la hausse de 10 % des aliments pour animaux a un impact inquiétant sur les revenus des éleveurs de porc et de volaille. Il appelle la Commission à vérifier que les principaux distributeurs ne fixent pas des prix prohibitifs grâce à leur position dominante sur le marché. Son analyse devait être largement reprise dans une résolution, prévue pour être adoptée le 25 octobre, dans laquelle les députés européens réclament des mesures à court et moyen termes à la Commission de Bruxelles de façon à limiter l’impact négatif de cette tendance à la hausse des aliments.

Des avances de paiement des aides directes devraient être accordées aux éleveurs pour les aider à surmonter la flambée des prix des aliments pour animaux, notamment pour ceux qui ont, de surcroît, été affectés par des maladies animales telles que la langue bleue, proposent les parlementaires. Ils suggèrent aussi à la Commission et aux Etats membres d’analyser la différence entre le prix des matières premières agricoles à la sortie des exploitations et ceux affichés dans les grandes surfaces. Par ailleurs, les députés regrettent que leur proposition de suspendre la jachère en 2008 et 2009 n’ait pas été retenue par les Vingt-sept, mais limitée à l’année prochaine seulement.

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Mais cet appel a peu de chance d’être entendu par la commissaire européenne à l’agriculture Mariann Fischer Boel. Cette dernière a en effet indiqué, le 24 octobre, que « le marché fonctionne ». A l’occasion d’un déplacement en France, la commissaire a rappelé que l’explosion actuelle des prix agricoles, partis « d’un niveau historiquement bas », faisait suite à une « diminution depuis 20 ans ». Et d’ajouter que, selon elle, il n’y a « aucune justification pour que la baguette de pain devienne inabordable à la boulangerie du coin alors que seulement 4% du prix du pain dépend du blé ».