Dans un nouveau rapport publié le 31 mars, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) alerte les décideurs mondiaux sur les conséquences du réchauffement climatique, notamment sur la sécurité alimentaire mondiale. Les petits agriculteurs des pays les moins favorisés seront les plus touchés.
Les effets négatifs du réchauffement climatique sur les rendements agricoles sont bien plus importants que les effets positifs qui pourraient se faire sentir dans les régions les plus froides, conclut le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) qui a finalisé le 31 mars le deuxième volet de son 5e rapport sur le changement climatique. C'est le travail le plus complet sur l'état des connaissances scientifiques dans le domaine avec plus de 12 000 publications passées en revue. Un premier constat dans le secteur agricole : le maïs et le blé commencent déjà à voir leurs rendements affectés par le réchauffement climatique. Pour le soja et le riz, les études n'ont pour le moment pas réellement décelé d'évolution.
Les agriculteurs les plus fragiles seront les plus touchés
Dans leur résumé à l'attention des décideurs les experts détaillent région par région les impacts prévisibles du réchauffement. Ils soulignent que les récoltes seront affectées par des chaleurs extrêmes en Europe du Sud et améliorées en Europe du Nord. En Asie, ils prévoient une pénurie d'eau et de nourriture causée par la sécheresse dans certaines régions. En Amérique du Nord, certaines zones vont être confrontées à une réduction des précipitations, une hausse des températures et la multiplication des événements extrêmes. En Afrique, sont attendues une réduction des rendements agricoles et une modification de la géographie des maladies dues aux changements du régime des pluies et des températures.
De manière générale, ce sont les populations les plus fragiles, en milieu urbain et rural, qui risquent de subir le plus fortement les conséquences de ce réchauffement. Le rapport souligne les pertes de moyens de subsistance et de revenus dans les zones rurales du fait d'un accès insuffisant à l'eau potable et à l'irrigation, et à des rendements réduits, qui seront tout particulièrement ressenties par les agriculteurs et les éleveurs des régions semi-arides. Autre conséquence : avec un accès plus difficile à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique va indirectement augmenter les risques de conflits violents, prévient le Giec.
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Le Giec présente une série de mesures d'adaptation pour faire face à cette nouvelle situation (protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, etc.). Mais elles ne seront efficaces que si les températures n'augmentent pas trop fortement. Car l'ampleur des impacts dépend directement du moment où les émissions de GES commenceront à diminuer.
La troisième et dernière partie du rapport portera sur les solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans la première partie du rapport, les experts ont prévu une élévation des températures mondiales comprise entre 0,3 °C et 4,8 °C (selon les modèles) d'ici 2100, par rapport à la période 1986-2005 (1).Ces documents doivent servir de base à la communauté internationale qui souhaite parvenir à un accord contraignant sur le climat lors de la Conférence des Nations unies de 2015 à Paris.
(1) Voir n° 3416 du 07/10/2013
Le président américain, Barack Obama, a proposé le 8 mars un plan de réduction des émissions de méthane aux Etats-Unis qui représentent 9% des émissions de gaz à effet de serre du pays. Ce plan constitue la dernière étape de la stratégie de la Maison blanche pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sans passer par le Congrès, opposé à la lutte contre le changement climatique. Il repose sur la mise en place de nouvelles réglementations d'ici plusieurs années, après consultations, et sur la coopération avec les industries les plus polluantes, notamment l'agriculture (et plus particulièrement le secteur laitier) responsable de 36% des émissions totales de méthane. Le gouvernement américain va donc encourager, sur une base volontaire, les éleveurs à investir dans des unités de méthanisation. Une feuille de route pour accé-lérer l'adoption de cette technologie par les éleveurs laitiers sera présentée au mois de juin avec pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur laitier de 25% d'ici 2020. L'autre secteur visé par le plan est la production de gaz naturel dont les des émissions de méthane (23% actuellement) augmentent fortement avec l'exploitation des gaz de schistes.