Sur les huit premiers mois les exportations françaises de vin ont décroché plus en valeur qu'en volume, a indiqué FranceAgriMer le 20 novembre, au lendemain de son conseil spécialisé « vin ». Une évolution due en grande partie au revirement du marché britannique, où les vins bien valorisés se sont écoulés avec difficulté.
Les exportations françaises de vin ont décroché de 1% en volume et de 3% en valeur, sur la période janvier-août, a indiqué Axelle Cloarec, chargée d'études économiques à FranceAgriMer. Ces chiffres tiennent pourtant compte du champagne, dont les ventes stables en volume par rapport à la même période de 2013 ont progressé en valeur, et de l'augmentation de valeur des vins expédiés en Allemagne.
Premier pays importateur de vin français, les États-Unis
Le phénomène de perte de valeur des exportations s'est en grande partie concentré sur les vins tranquilles AOP et sur la destination britannique. « Le Royaume-Uni semble ainsi rompre avec une tendance observée ces dix dernières années, où les importations de vins bien valorisées étaient privilégiées », a expliqué Axelle Cloarec.
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Depuis 2014, en valeur, le Royaume-Uni n'est plus la première destination des exportations de vins français, détrôné par les États-Unis. Sur la période sous revue, les exportations françaises de vin à destination des États-Unis et du Royaume-Uni ont représenté respectivement 14,45 % et 14,10 % des exportations françaises de vin en valeur. La valeur dégagée par les exportations vers le Royaume-Uni est, pour les huit premiers mois de l'année 2014, de 658 millions d'euros (contre 803 millions d'euros l'année passée) tandis que vers les États-Unis elle est de 674 millions d'euros (contre 668 millions d'euros en 2013).
Ce basculement illustre une tendance de fond, qui est la forte croissance des exportations de vin vers les pays tiers, au détriment des exportations vers l'UE, même si les marchés stables sont l'Allemagne (10%), la Belgique (7%) et les Pays-Bas (5%). « La Commission européenne montre que cette évolution est corrélée avec le programme de promotion des exportations françaises vers les pays tiers », financé par l'UE, a commenté Anne Haller, déléguée de la filière viticole et cidricole à FranceAgriMer.
Axelle Cloarec a par ailleurs présenté une étude sur le marché des vins effervescents, qui met en évidence la progression récente (depuis 2010) des exportations de l'Italie, avec des prix bas. Ces dernières ont bondi de 150% depuis 2003, là où les exportations françaises ont suivi une pente douce de +20%, en partant, il est vrai de 1,3 million d'hectolitres, alors que l'Italie a démarré à 800 000 hectolitres. Ces performances italiennes se sont réalisées sur le marché de l'Allemagne, premier pays importateur de mousseux au monde. Les exportations françaises de vins effervescents étaient à 73% le fait du champagne il y a dix ans. Le champagne ne contribue maintenant qu'à hauteur de 63% à l'exportation française de mousseux.