Les exportations européennes de produits alimentaires ont progressé de 2% en valeur entre août et décembre 2014 malgré l'embargo imposé par la Russie. Les chutes des ventes de fromages, de beurre et des fruits et légumes sont compensées par les autres productions.
Malgré l'embargo imposé par la Russie, les exportations agroalimentaires de l'UE vers les pays tiers ont augmenté de 2% en valeur au cours de la période allant d'août à décembre 2014 par rapport à la même période de l'année précédente, indique la Commission européenne dans une analyse. Après la chute brutale du mois d'août, les exportations ont même atteint des niveaux records au mois d'octobre.
Evidemment, les exportations vers la Russie ont fortement chuté passant de 5 à 3 milliards € (38%), résultat d'un arrêt complet des exportations dans les catégories de produits interdits et d'une légère augmentation (+ 0,5%) pour les produits non soumis à cette interdiction. L'UE est donc parvenue à compenser ses pertes à l'exportation vers la Russie en augmentant ses exportations vers la plupart de ses autres principaux marchés. Des hausses importantes en valeur ont été réalisées entre août et décembre vers les Etats-Unis (+693 millions €, soit +10%, dont +185 millions € durant le seul mois de décembre), la Chine maintenant deuxième destination des produits agroalimentaires européens (+ 377 millions €, + 13%, dont 167 millions en décembre), la Suisse (+82 M€, + 3%) et sur d'autres marchés asiatiques clés comme Hong Kong (+ 391 M€, + 23%) et la Corée du Sud (+ 242 M €, + 31%).
Chute des produits laitiers et des fruits et légumes
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Concernant les produits touchés par l'embargo, d'importantes pertes ont été enregistrées pour les fromages (-289 M€, - 19%), les fruits et légumes (-322 M€, - 12%) et le beurre (-9 M€, - 4%, mais avec une forte reprise en décembre 2014 par rapport à 2013). En ce qui concerne le secteur de la viande, les données globales sur les cinq mois donnent une image moins préoccupante par rapport aux autres secteurs, indique Bruxelles : les exportations de porc sont stables par rapport à 2013, augmentant même en décembre, et les secteurs de la viande de bœuf et de volaille ont progressé respectivement de 10 et 3%. « Les pertes sur le marché russe ont été compensées par des gains vers d'autres destinations : l'Asie pour la viande de porc, la Turquie et l'Asie pour la viande de bœuf et l'Afrique pour la viande de volaille », constatent les services bruxellois. Les exportations ont au contraire étaient particulièrement dynamiques pour les produits de boulangerie, les pâtes et les aliments pour nourrissons (+558 M€, +14%), le chocolat, les confiseries et les glaces (+222 M€, +10%), la nourriture pour animaux de compagnie (+135 M€, +11%) ou encore le gluten (+98 M€, +10%).
Dans une réponse aux inquiétudes exprimées par le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) concernant le secteur des fruits et légumes, Jerzy Plewa, directeur général de l'agriculture à la Commission européenne, se veut rassurant : « La situation n'est pas si négative (…) ; au contraire nous constatons une reprise des cours des tomates, choux-fleurs, oranges, citrons et kiwis. Les prix des mandarines, poivrons, concombres et raisins de tables sont stables ». Aucune nouvelle mesure d'urgence n'est donc pour le moment prévu par la Commission.
(1) Voir n° 3490 du 30/03/2015